Je ne peux que saluer une initiative aussi louable que celle de Jeune Chilly Chill, qui nous offre avec Plotte à Cash une adaptation attendue de Goldigger. Oui, il est juste et bon de la rapper en français, cette ludique ritournelle qui met en garde les jeunes hommes naïfs contre les attaques intéressées des Méchantes Madames Mercantiles (M.M.M.).
J’aimerais seulement apporter deux bémols, car il semblerait que Jeune Chili Chill n’a pas pris soin de faire appel aux services d’un conseiller juridique full hot pour adapter les concepts en cause à la réalité québécoise.
Or, je sais que les membres du public en général, et les hipsters en particulier, sont sensibles au virus de la désinformation juridique, qu’ils se plaisent ensuite à colporter dans les familles, semant horreur et désolation. Ainsi, plus d’un, contaminé par le virus de l’approximation et du fie-toi-à-Gertrude, pense qu’un animal peut hériter (ce qui n’est selon moi qu’une raison de plus de maudire l’Auberge du chien noir). J’en veux aussi pour témoin le sondage de la Chambre des notaires sur l’union libre, qui révèle la persistance de mythes tenaces, de ceux qui vous grugent la laine sur le dos.
Clarifions donc les passages en cause:
« Dix-huit ans, dix-huit ans, a t’a fait un enfant, a t’a pour dix-huit ans »
En fait, c’est l’obligation de garde qui prend fin à dix-huit ans. On peut donc si on le désire crisser son kid dehors dès la première journée de sa majorité (Bonne Fête!) mais on reste responsable du paiement de ses besoins de base jusqu’à son autonomie financière.
Il faut donc continuer à payer une pension alimentaire à un enfant de 18 ans, à moins qu’il n’ait déjà complété avec succès un diplôme professionnel (de type réparation de photocopieuses) qui le rend déjà financièrement indépendant. Sinon, il faut attendre la fin de sa technique (donc, 20 ans) ou de son bac (22 ans). Mais bon, né d’une plotte à cash et d’un père qui veut rien sawouère, ça m’étonnerait qu’y finisse son bac, hein?
« Si t’es pas un cave, dis: « accord prémarital, accord prémarital »
En fait, l’accord prémarital (pre-nup) n’existe pas au Québec. Les ententes avant ou durant le mariage par lesquelles un conjoint renonce aux protections de la loi (pension alimentaire, patrimoine familial, régime matrimonial, etc.) sont nulles. Ce n’est qu’au moment du divorce qu’un gars peut savoir s’il a marié une plotte à cash car ce n’est qu’à ce moment qu’elle peut validement décliner le $$$ (devant un juge ou un notaire).
J’espère que le tout contribuera à la vitalité de notre beau droit civil autant qu’à celle de notre belle langue française lors de plein de réveillons cools.
P.S. Mon bill suivra.
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Sur ce, je m’en vais conseiller Simian sur ce qui me semble une légère inexactitude par rapport à la Convention de la Baie James.

