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Vous irez voir mon blogue

8 mars 2007

La semaine dernière, au soutien de ta révélation-choc – tu ne veux pas lire mon blogue – tu as invoqué pêle-mêle le fait que tu n’es « pas très blogue », ainsi que ta conviction que mon blogue sera forcément moins bon que mes courriels (parce qu’eux sont adaptés au récepteur). En prime, j’ai eu droit à un subtil reproche sur mon incohérence : l’été dernier, je lançais encore avec dérision «vous irez voir mon blogue», comme pour dire «mon opinion sur cette question est futile et la question l’est plus encore».

Glamour Boy, as-tu remarqué que l’adresse même de ce site est un clin d’œil à mon ironie estivale? Ironie qui n’était d’ailleurs qu’envie inarticulée et poudre aux yeux. Poudre aux yeux que j’achète chez Costco par poches de dix livres parce que j’aime bien garder un peu de flou autour de mes intentions profondes. Ça, tu l’as sûrement remarqué, depuis le temps.

***
Pour être honnête, ton refus de venir grossir les rangs de mon lectorat m’a fait de la peine. Je trouvais tes explications vasouilleuses et ton attitude pas très solidaire. Hier, j’ai compris au fil de notre conversation que tu as peut-être juste un peu peur.

Peur de trouver ça poche… et d’être obligé de me le dire, parce que tu sais que je vais te talonner pour avoir du feedback et que je commence à être bonne pour ce qui est de décoder tes réticences diplomates et tes réserves rétives: «Enweye, enweye, crache le morceau». Fut-il un goupillon de grenade.

Peur aussi, probablement, de sombrer tête première dans une intimité dégoulinante. On est tellement réservés, ensemble… Pudique, tu ne veux pas être forcé de te pencher au-dessus du canyon insondable de mon (m)hystère.

Glamour Boy, je te le dis, tu n’as rien à craindre.

Premièrement, toute à ma joie démiurgique, je trippe sur ma créature et tes critiques ne feraient qu’aviver mon désir de faire mieux. Quand bien même tu trouverais que c’est « n’im-PORTE-quoi ». Sincèrement.

Deuxièmement, je ne suis pas du genre à me vomir les tripes dans une splendide envolée cahoteuse ou chaotique, me contentant d’admirer ceux et celles qui le font. Moi j’avoue de-ci, de-là des petites névroses, des petites lubies, des petites hypersensibilités, mais rien de grave. Quand j’ai l’air de me noyer dans mes larmes, c’est parce que je donne dans la satire. Je garde mon jardin secret.

***
La seule chose que tu dois redouter, en fait, c’est l’émulation. Hahaha! Sarcastine est sur sa lancée, moi je me suis dotée de cette modeste tribune, toi, tu fais quoi pour te révéler au monde? Toi, le photographe, le vidéaste, le chroniqueur de l’absurde talentueux? Ils deviennent quoi, G$%?&* (je censure le nom du personnage pour ne pas te « outter » comme auteur) et la vache?

Je te prends au mot pour ce que tu as dit hier. Tu peux t’inviter sur ce blogue n’importe quand et je te donnerai carte blanche. (Les Français appellent ça du blogcrossage. Sous nos latitudes, L’OQLF réprouve cette expression pour des raisons évidentes.) Ça me ferait vraiment plaisir.

Pourquoi j’ai écrit tout ça? Ben, pour t’écoeurer, c’t’affaire. Et pour confirmer que tu me lis en cachette. Tiens, une couple de pubs pour me faire pardonner. Regarde tout ce que tu manques en n’étant pas en train de lire ce billet, là!

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9 commentaires

  1. ouch!


  2. ouch?


  3. Tu remets les pendules à l’heure.
    Tu re-mais les pendus à leurre.

    Mais je me demande si tu nous parles à nous, les lecteurs, ou à quelqu’un en particulier.


  4. À nous, à lui ou à elle, quelle importance? Si c’est bon pour Glamour Boy, c’est bon pour nous aussi, à mon avis. Et puis, j’ai bien rigolé au dernier paragraphe.


  5. @Doud: tu m’as devancée! 🙂

    @ REEKEEGEE. Ah! (je dis « ah » mais je n’ai aucune idée de ce que tu veux dire par re-mais, pendus et leurre. Jolie phrase, par contre. T’as pas de blogue, toi?).

    Et en quoi les deux (parler à quelqu’un, parler à tous) sont-ils mutuellement exclusifs?

    « Le blogue, c’est ‘a libarté », disait Ovila à Émilie dans les Filles de Caleb. (Quoi? Le « bois », y disait? Whatever.) L’interpellé, il répond ce qu’il veut, comme il veut, s’il veut, quand il veut. S’il finit par me lire!

    Les lecteurs, comme d’habitude, ils répondent tout aussi librement si ça leur parle, si ça leur est déjà arrivé, si ça leur fait penser à quelque chose, s’ils veulent me dire quelque chose. Ou lui dire quelque chose à lui (s’il finit par lire, etc.).


  6. est-ce que je devrais avoir un blogue ?

    c’est LA question auquelle je n’arrive pas à répondre.


  7. « …crache le morceau». Fut-il un goupillon de grenade. »

    Que j’aime…


  8. @Bugs: Merci! J’en ai plein d’autres en réserve…:)

    @REEKEEGEE: Ben oui! Regarde comment tu craques de désir de t’exprimer. Faut pas que tes jolies phrases soient perdues pour la multitude. Blogue, baby, blogue.


  9. maybe baby



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