Archive for avril 2007

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Il a fait beau mais un peu froid

30 avril 2007

Vous nous reconnaîtrez facilement. On est les deux filles blanches avec la face brune, qui font crouck crouck en marchant à cause des agates dans leurs poches.

Si vous me spottez, dites-moi bonjour. Je suis parlable, maintenant.

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Incendie à Rio, insomnie à Riki

30 avril 2007

Pas de rôde triple québéco-oriental digne de ce nom sans un arrêt à Rimouski.

Rimouski Est, plus précisément. Où un petit Schnauzer à poils longs défend de toutes ses tortillantes forces une impressionnante trampoline, un arbre torturé, le sourire de ma magnifique catounette. C’est chaleureux, un câlin d’amie qu’on n’a pas vue depuis longtemps, surtout quand l’allaitement lui confère une authentique poitrine maternelle. C’est agréable, une jolie maison qui réussit à être apaisante alors même que babille un garçon-éclair, se traîne un bébé-fleur, roulent les jouets, trotte un chien, filent deux chats. Vie en marche, concrète, qui remet la tête à l’endroit. L’invitée béate s’écrase sans façons, sur le beau plancher doux, son manteau encore sur le dos.

Les grandes personnes que nous sommes devenues, je ne sais pas trop quand, rient, parlent, éteignent des feux. Bébelles et décibels. Communiquer est parfois difficile, communier non. Blanquette de Limoux (ou de limon, c’est selon), bulles de joie, la petite fait ses nuits, on est ensemble, les Festivités du Trentenaire se poursuivent, « c’est Nouël ». Échanges de nouvelles, bonnes, mauvaises, neutres, petites joies des souvenirs communs, petits thrills des projets partagés. J’ai tellement bien mangé et bien bu, j’ai lu un bout de conte au garçon-éclair, ses beaux yeux graves un peu incertains posés sur moi, et j’en ai appris de bien bonnes au sujet du voisin du beau-frère de Stanley dont je vous parlais. Le monde est p’tit, vous avez pas idée. P’tit comme un bas de bébé qui traîne dans une flaque de soleil.

À un moment donné, motivés, on s’est battus avec le nouveau scan pour numériser une atroce traduction de produit, pire que la preuve de flaque, presque pire que le revendeur de drogue des neiges. Mais on a décidé après quelques minutes de vains efforts avinés de privilégier la communication non-virtuelle, vu qu’on se voit aux quatre ans. C’est sain, je trouve.

Insomnie. C’était peut-être mon cerveau qui ne pouvait admetttre qu’un si bon café (ooooh, bien spiké, le café) puisse être déca, c’était peut-être une façon détournée de prolonger mon séjour, c’était peut-être juste le célèbre effet Rimouski, mais je n’ai pas fermé l’oeil de la nuit. Malgré mon lit douillet, j’ai pensé, pensé, pensé. À moi, à mes défauts, à ma famille, à mes amis, à ma vie. Quand j’ai sombré, les oiseaux et les enfants recommençaient à pépier. J’ai rêvé que Cathy venait me réveiller, mais que j’étais déjà debout. Je tapais sur un clavier, assise dans mon lit, flanquée d’un petit tigre aux soyeuses joues blanches.

Ça me plaît d’avoir un tigre quelque part dans la tête, même si mon subconscient l’a probablement choppé à force de voir les Esso défiler.

Merci encore.

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La casquette tue

26 avril 2007

C.Q.F.D.

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The King and Celing

26 avril 2007

Wow, ils les ont, les budgets, à la STM. Celine et Elvis en duo pour l’ouverture du métro de Laval. C’est tellement concept, en plus.

Oups, on s’excuse, on est un peu confuses, nous ce qui absorbe notre esprit en ce moment c’est la prochaine marée descendante (on a besoin d’agates), les Air Shows de maquereuses (ce qui est le fun c’est qu’aucune ne meurt à la fin) et se demander si le gang des goélands va revenir (ils se mettent ensemble pour taxer les petits garrots de leurs prises). On pêche l’orignal, aussi.

J’ai honte de l’avouer, mais de temps en temps, le mot flickr me trotte dans la tête.

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Bercail-les-Sources (à la 2e pers. du plur.)

25 avril 2007

De toute évidence, vous étiez attendues. On s’avance à votre rencontre dans un bruit de portière à peine refermée. On vous entoure, on vous embrasse, vous n’avez pas fait deux pas que vos valises sont entrées, qu’on vous offre du couscous, du renversé aux bleuets, de la bière, du vin, on vous asseoit de force devant la vue, on va garer votre auto chez la voisine qui prête tout le temps son stationnement, bienvenue, vous avez fait bonne route, oui, vas-y, pas de gêne, c’est la deuxième porte à droite.

Moune a préparé au hasard les quatre lits d’invités de la maison et vous invite à choisir celui qui vous chante. Vous vous y écroulez trois heures plus tard en rabattant flanelette et duvet sur votre tête. Vous ne savez pas trop si vous versez des larmes de bonheur, de déprime ou simplement de fatigue mais c’est sans importance parce que cinq minutes plus tard, vous dormez. Bien plus Morphée que le dieu mort lui-même, la maison referme ses bras autour de vous dans un bruit de vagues et une odeur de draps frais.

Vous émergez 13 heures plus tard. Vous sortez dehors pour téléphoner au bureau, éblouie par le soleil, vos cheveux se colletaillant avec le vent. Les mouettes potinent bruyamment à vos dépens. Boss Magnanime, à qui vous aviez offert de travailler de la maison, vous propose (vous impose?) de prendre plutôt des vacances. Un recoin de conscience dont la persistance vous fascine, encore soucieux de votre réputation de professionnelle responsable, vous pousse à l’ostiner. Une grosse minute.

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Pep in my step

24 avril 2007

Avant de partir samedi dernier, j’ai fait quelques courses. Mes deux colliers avaient retrouvé tout leur éclat. (En ce qui me concerne, j’y travaille). Apprenant que je partais en voyage, le bijoutier m’a fait un prix. « Pour qu’il vous reste de l’argent dans vos poches ». Gentil monsieur.

Au coin de ma rue, un jeune voisin avait partagé son enthousiasme pour le beau temps revenu à grands traits de craie jaune. Son oeuvre, une ambitieuse marelle de 63 cases, défiait allègrement crottes de chien dégelées, pigeons malades et fusillades nocturnes. J’ai sauté.

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Deuxième arrêt: Rivière-du-Loup

23 avril 2007

À Rivière-du-Loup, on peut rapidement juger de ses compagnons de voyage. Et on préfère la compagnie de ceux et celles qui voient le verre de gin à moitié plein.

On a déjà la moitié du chemin de fait. Pas seulement. Déjà.

L’esprit marécageux (nous avons inauguré la veille les Festivités du Trentenaire, phase 1 de 57), Sarcastine et moi voyons le verre métaphorique à moitié plein mais déplorons nos concrets estomacs complètement vides. D’où la pause poulet. Nous nous prenons en prime une grande gifle de vent marin tout vif, plein d’oxygène, qui ne pue de nulle part. Gratitude pulmonaire. Faciale. Mentale.

Pas d’hostilités à déplorer dans le fief de Mario. Il fait une journée somptueuse, un soleil à colmater des cassures sociopolitiques. Sarcastine s’est fait complimenter sur son sourire communicatif par un voisin de table tout ce qu’il y a de sympathique. Je n’arrive pas à rejoindre mon amie Cathy; il n’y aura donc pas de « Troisième arrêt : Rimouski », mais tu ne perds rien pour attendre.