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Splouche, Oups

2 mai 2007

J’admets très bien qu’à l’égard d’un enfant non conçu, quand on parle encore de potentialité, de possibilité, de gamètes en tubes et d’embryonsicles, on ne puisse pas imposer la paternité – ni la maternité – à quiconque. C’est évident. Mon corps, c’est mon corps, ce n’est pas le tien et tout ça.

Mais une fois que tséveutdirahouignahan et qu’un enfant en résulte, c’est différent. Faut assumer. Or, il y a des types qui militent pour qu’un homme puisse échapper à toute responsabilité à l’égard de l’enfant qu’il a engendré. Ils exigent que l’État mette en place un mécanisme juridique qui lui permettrait de choisir de ne pas être père.

Leur argument-massue? «Puisque les femmes ont le droit de ne pas être mères en avortant, les hommes devraient avoir le même droit.»

On s’entend. Comme rien ni personne ne peut de toute façon forcer un homme à la paternité réelle (aimer le petit, s’en occuper, lui donner le vertige à jamais en le lançant dans les airs, le lâcher trop tôt en bicycle pis il se pète la gueule, etc.), ce dont il est question ici c’est d’échapper à la pension alimentaire. On passera sur le fait qu’à mon sens, c’est la nature qui a accordé aux femmes la prérogative procréatoire et que l’État ne fait que la confirmer, depuis pas très longtemps, d’ailleurs.

Non, ce qui me met en furie, c’est ce mépris de la nouvelle personne créée. Ce pauvre petit être innocent (pour l’instant). Telle Mrs Lovejoy, j’ai le goût de crier : ET LES ENFANTS?!! (Mais d’une voix moins geignarde).

Je concède que payer une pension alimentaire à un enfant jusqu’à son autonomie financière, c’est payer pas mal cher une baise inconséquente. Et que non, elles ne sont pas gentilles, les femmes qui mentent à leur conquête d’un soir en lui assurant qu’elles prennent la pilule ou qui, plus simplement, font un flo dans le dos à leur conjoint. Mais aucun enfant n’a à faire les frais de ça. Il a pas demandé à naître d’une femme égocentrique et d’un père rétif à la capote, ce flo-là!

Nos lois prévoient que tous les enfants québécois ont les mêmes droits, peu importe les circonstances de leur naissance. De plus, chaque enfant a droit à l’aide et au soutien de ses deux parents. C’est quoi, on renonce à ces principes louables en créant deux classes d’enfants non désirés par le père? Les «chanceux», dont le père aurait décidé de prendre ses responsabilités quand même, qui recevraient une pension alimentaire? Et les «malchanceux», dont le père a refusé sa paternité, qui n’auraient pas droit au soutien financier de deux personnes? La plupart des enfants de mères monoparentales vivent sous le seuil de la pauvreté même en recevant une pension alimentaire, alors on peut imaginer le portrait.

Un beau retour en 1866. À l’époque où on n’accordait aucun droit aux enfants nés hors-mariage. Le maître du domaine pouvait donc, par exemple, engrosser sa servante et s’en laver les mains, à moins de «reconnaître» l’enfant. Ce qui, vous vous en doutez, n’arrivait pas souvent.

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12 commentaires

  1. ça me choque d’apprendre qu’un retour en arrière dans les moeurs pourrait avoir lieu. Surtout que, comme tu le dis si bien, l’amour d’un père n’est jamais acquis, alors offrons au moins la base financière à tous.


  2. « L’amour d’un père n’est jamais acquis, alors offrons au moins la base financière à tous »: eh, c’est pas moi qui le dit, c’est toi qui synthétise mon billet avec un admirable à-propos. 🙂

    Je ne pense pas que cette frange de masculinistes radicaux obtiendront gain de cause…c’est leur demande elle-même qui me défrise (et crois-moi, ça m’en prend beaucoup).

    En passant, je trouve très drôle et pertinent que tu fasses un clin d’oeil à mon absence de photo aujourd’hui… journée du Yulblog. Héhéhé.


  3. L’homme: Je ne veux pas d’enfant, je n’ai jamais voulu d’enfant.
    La femme: Cet enfant, on l’a fait à deux.
    L’homme: Mais ce que je te dis, c’est que je n’en veux pas.
    La femme: Cet enfant n’a pas demandé à naître mais il naîtra.
    L’homme: Pourquoi veux-tu mettre au monde un enfant qui n’aura pas de père, un enfant qui n’aura personne pour le lancer dans les airs… et le rattraper?
    La femme: C’est mon corps et c’est ma décision.
    L’homme: C’est son corps et c’est notre décision.
    La femme: Je ne tuerai pas un enfant.
    L’homme: Je ne peux te laisser faire un enfant malheureux.


  4. Beau débat à faire et non pas à éviter en disant que la «frange masculiniste radicale» ne devrait même pas avoir le droit de poser la question.
    Les femmes ont gagné le droit à disposer de leur corps en posant des questions qui n’étaient pas permises.
    Voici certaines questions qui pourrraient se poser:
    – Est-ce que l’embryon devient un enfant quand il est désiré par la mère ?
    – L’argent remplace-t-il le père biologique?
    – L’arrivée d’un nouveau conjoint doit-elle modifier la situation ?

    je le répète, ce sont des questions et non pas des opinions.


  5. Je rejoint le club des défrisée! Pour moi, c’est inconcevable qu’un homme puisse avoir le privilège de choisir si oui ou non il assume sa paternité.

    Pour que la question ne se pose pas, il fallait te protéger mon grand! Tu t’es sans doute fait jouer dans le… dos, disons, mais en quoi l’enfant qui tente de venir au monde devrait-il écoper?

    Je l’avoue, je suis une mère. Vous en avez tous.

    @Ellipse: Malheureusement, ton dialogue est excellent.


  6. Comment rester indifférent à ce propos…

    D’un côté je ne peux pas concevoir qu’un parent, quel que soit son sexe, puisse, ou même désire, se défiler de ses responsabilités parentales (et je ne parle surtout pas que d’argent).

    D’un autre côté, au nom des enfants, je pense que tout projet parental doit être le fruit de la volonté commune de deux personnes (généralement un homme et une femme, je veux pas entrer dans le débat de la procréation assistée et des enfants fait par un p’tit ami anonyme..). Je pense que tous seront d’accord avec ça.

    Ceci étant dit, au milieu de cela, il y a la négligence (du gars en général, il faut l’avouer) de ne pas prendre les moyens (contraceptif) qui soient cohérents avec la décision d’avoir ou de ne pas avoir d’enfants. Lire : T’as pas mis de capote tant pis pour toi.

    Mais il y aussi ceci: dans un couple où il a été convenu qu’il n’y avait pas de projet parental et qu’il a été convenu que le recours à tel moyen contraceptif concrétiserait ce choix librement consenti par les deux personnes (lire : la fille prend la pilule ou un stérilet, parce qu’autrement on retombe dans le pattern du paragraphe précédent) et que la femme de son propre chef, dans le dos de son partenaire, en pleine situation de confiance mutuelle, brise unilatéralement ce contrat (car c’en est un), ça aussi ça me défrise. Parce que le choix de cette personne se fait aussi sur le dos de l’enfant. Elle non plus n’assume pas son choix d’être en couple avec un gars qui ne veut pas d‘enfants.

    Il y a des gens qui ne veulent pas d’enfants et ce n’est pas par caprice. C’est though être parent. There’s no way back! Il y a des gens qui ne sont pas prêts, qui ne sont pas capables, qui ont des bibittes dans la tête, qui sont violents, égocentriques, abuseurs, dangereux… Bref ils savent que pour le bien de l’enfant, il vaut mieux qu’ils n’en aient pas. Je je pense que dire « moi je ne serai pas un bon parent, je serai pourri » et d’agir en conséquence c’est responsable ça. Allez lire la jurisprudence en matière de protection de la jeunesse. Ça aussi ça défrise : des enfants battus, maltraités, violés, torturés, abandonnés, tués…la liste est très, très, très longue. Ils sont des milliers.

    Sans être d’accord avec un mécanisme juridique formel de désengagement paternel, j’ai du mal à accepter qu’une personne puisse en plonger une autre dans un choix de vie fondamental et irréversible, dont l’enjeu est la vie d’un enfant. Que cette personne puisse s’en sortir impunément et avoir la caution morale de la société. Que le gars pris dans cette situation n’ait que le choix d’assumer ou d’être un salaud. Qu’est-ce qu’on fait de la dignité de cet homme?

    Ce qui me défrise aussi c’est qu’on ne reconnaisse pas que, pour l’enfant, naître d’une mère qui fait fi de la vie de son père soit aussi (?) grave que d’avoir un père qui ne veut pas être dans sa vie.

    Ceux qui se sont battus pour le droit à l’avortement ont invoqué le droit de la femme de choisir pour son propre corps, de décider pour sa propre vie. Ils (et j’en suis) ont dit que ce n’est pas correct de se faire imposer un enfant que l’on ne veut pas. Pourquoi quand c’est la vie d’un homme qui est en jeu (et celle d’un enfant qui naîtra sans être désiré par l’un de ses parents) cet argument ne tiendrait plus?

    Mon père ne voulait pas d’enfants. Mes parents vivaient à une époque où les époux procréaient, un point c’est tout. Mon père est parti quand j’étais très jeune, la famille ce n’était pas son trip. C’est moi qui vis avec le résultat.

    Je ne suis pas sur que de donner le monopole de la reproduction de l’humain aux femmes et d’assortir le résultat (la parentalité) d’obligations légales très lourdes pour les deux parents soit vraiment juste ou génial…pour les enfants. La nature n’a pas voulu ça. Elle a prévu que pour avoir des enfants il fallait un homme ET une femme.


  7. Euh… p’tit vendredi tranquille, mon Phil? 🙂

    Merci de vos interventions de qualité.

    Moi, je suis d’accord avec vous, les gars, c’est répugnant d’imposer la parentalité à quelqu’un. Un flo, ça a besoin de deux parents.

    Maintenant, qu’est-ce que vous voulez faire? On ne peut pas punir la MÈRE de son égocentrisme procréatoire en permettant que le père échappe à ses responsabilités envers l’ENFANT. L’enfant est innocent et il a droit, légalement et moralement,aux mêmes avantages que s’il était né avec un papa heureux d’être un papa. C’est juste ça que je voulais dire.


  8. J’me suis lâché lousse!! Inquiète-toi pas c’est sur mon temps accu.

    Je suis d’accord avec ton dernier commentaire. Tout ça étant dit, que faire? On devrait au moins reconnaître que les masculinistes, sur ce point, ne sont pas pire que les faiseuses-d’enfants-dans-l’dos.

    Oublie pas de profiter du soleil.


  9. Mmmmmm… bien essayé, mais non. Si on compare les deux turpitudes le plus objectivement possible, mettre un nouvel être humain au monde (quelqu’un qui, après tout, paiera nos pensions), même unilatéralement, est moins répugnant que de vouloir le priver de la moitié de ses moyens de subsistance.

    Inquiète-toi pas que je profite du soleil. Dès que je vois trois rayons, je suis dehors comme une assoiffée!


  10. Peut-être, mais il ne faut pas oublier que la deuxième turpitude ne peut pas exister sans la première!


  11. Ce matin, mon cousin a eu une mauvaise nouvelle…

    Vous savez quoi?

    Il vit depuis 8 mois avec une femme sympa mais il vient d’apprendre ce matin qu’une fille avec qui il est resté un mois, qui était sensée prendre la pillule lui a fait un enfant !

    première paternité pour lui :

    un enfant caché, jusqu’à la naissance !!

    Aujourd’hui, c’est sa vie qui va subir, et leur projet d’ enfant à eux, il sera quoi???

    Ils voulaient dans l’an prochain en faire un pour s’ aimer et avoir un petit bout de lui, un petit bout d’elle..

    mais cette voleuse de vie, qui soit disant n’aurait pas eu d’autre chance d’avoir un enfant nleur a volé cette joie…

    La joie d’avoir une première paternité dans l’amour !!

    Et après??

    Obliger le père à reconnaitre l’enfant, à payer des pensions pendant 18 ans pour un enfant qu’il n’a pas voulu mais qui est le sien???

    Comment vous croyez que ca se passe dans la tete du père,
    savoir qu’il a un fils,
    qu’il ne le connaitra pas,
    qu’il ne bordera pas,
    qu’il n’emmènera pas à l’école???

    Ben voilà,

    excusez moi, mais vraiment, les hommes ne sont pas des banques du sperme !!!

    qu’elle fasse un béé caché, mais qu’elle n’en dise rien, ok

    mais mon cousin vivra toute sa vie avec ce fardeau !!!


  12. @ julia: c’est triste, c’est plate et c’est injuste pour votre cousin et sa conjointe. Je comprends votre indignation.

    Mais… le bébé n’a pas à en faire les frais. Il est innocent; on ne peut pas lui imputer l’égoïsme de sa mère.

    CAPOTE, LES GARS, VIARGE!!!



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