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Les vieux du PQ

8 mai 2007

Et c’est reparti : au cours des prochains jours, les militants péquistes vont déchirer leurs chemises, extrapoler, blâmer, deviser, radoter et me déprimer. Et dans quelques mois ils vont bouffer un autre chef (peut-être une autre), puis un autre…

Pour cette impasse insoluble, je blâme en grande partie les vieux lucides (comme disait Phil, qui est fâché lui aussi) du Parti québécois, ces fomenteurs de discorde, pas toujours capables de décliner gracieusement de répondre quand un micro suspectement brun leur est braqué en pleine face. Puisque parler des vieux bonzes du parti me donne envie de m’exprimer comme le vieux pirate dans Asterix, je blâme plus précisément leur delenda carthago est, le crisse de référendum.

Là-dessus, Boisclair n’était pas assez crinqué, pas assez radical, pas assez déconnecté de la volonté de la population pour eux. Le minant avec des accusations de mollesse et de trahison, toujours faites de façon safe, politiquement correcte et doucereuse, ils n’ont raté aucune occasion de saboter son leadership. Eux, les vertueux, les planqués, toujours là à pousser la souveraineté de l’avant, en dépit du bon sens, à la pousser, à la pousser, quand tout ce qu’il y a devant c’est un mur de briques.

Et on sait tous pourquoi ils poussent avec un tel sentiment d’urgence. Ils sont vieux!

***

De grâce, têtes grises (ou teintes) du PQ, acceptez l’idée que vous serez peut-être six pieds sous terre quand l’indépendance se fera! Voilà, c’est dit. Vous pouvez arrêter de courir partout en criant « indépendance ! » comme si le feu était pogné, sans même appuyer votre cri d’un projet de société, sans même prendre le temps de nous faire rêver autour d’une vision rassembleuse, un gros feu de projets. Oubliez ça, la souveraineté toute nue, toute crue, tout de suite.

Quoi, vous pensiez qu’en 12 ans, même pas une génération, on serait déjà remis de 1995? Un individu peut peut-être s’en remettre, mais une conscience collective, pas vraiment. Non, on n’est pas remis, on n’est pas prêts, on n’est pas là, le contexte non plus. Vous pouvez conséquemment arrêter de critiquer les vôtres quand ils ne vous semblent pas assez hardcore sur cette question: ils sont simplement démocrates. Vous pouvez mettre la pédale douce jusqu’à la prochaine chicane constitutionnelle, quand vous sentirez remonter le dégoût de la population pour le fédéralisme. Pour l’instant, pas de dégoût: en vertu de quelques moves habiles, Harper est bien perçu.

En attendant, sans renoncer à la souveraineté, vous pouvez prendre le temps de proposer autre chose, de mettre l’emphase sur une autre partie de votre plateforme, de nous dire de façon positive, objective, ce que la souveraineté pourrait améliorer dans tel ou tel domaine, de nous proposer une vision qui nous plairait, je sais pas moi. Le Québec Leader Vert. Ce serait bien. Notamment parce que la souveraineté toute crue, toute nue, n’est apparemment plus suffisante en elle-même pour fédérer les horizons disparates qui composent votre parti et pour empêcher les vieux loups de manger les jeunes de la meute.

Et aussi pour vous occuper sainement, à autre chose qu’à vous disputer. Parce que le Québec ne votera pas oui cette année, ni l’an prochain, ni dans deux ans, ni dans trois. À moins d’une remontée spectaculaire du PQ dans les intentions de vote, préalable à tout référendum, assortie d’une gifle monumentale d’Ottawa. Or, Harper n’est pas près de nous l’infliger parce qu’il sait bien que la capricieuse petite nation, encore vaguement sociale-démocrate, pourrait décider de sacrer son camp très vite si, émergeant de sa dépression, elle se choquait assez pour porter son attention vagabonde sur tout ce qui nous sépare désormais du reste du Canada, avec ses guns, avec ses guerres, avec son lobby du pétrole.

Ça non plus, occupés à vous déchirer, vous n’en parlez jamais.

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4 commentaires

  1. bien envoyer…jeunesse

    bonne fête


  2. Jouissif.


  3. Suis pas certain que ça vaille la peine de dépenser jusqu’au dernier sous des économies des québécois juste pour pouvoir déclarer qu’on est un pays indépendant. Mais si jamais ça arrive, ben ça arrivera… La face du monde n’en sera guère changée. Et à moins de se doter d’un statut spécial, est-on bien certain qu’on ne se fera pas dévorer tout crû en deux temps trois mouvements ?

    Bref… la vie est courte. La politique ça occupe l’esprit. C’est un divertissement comme un autre. Certains en font leur métier. Je vous souhaite d’être heureuse avec ou sans souveraineté. :o)


  4. @ Martin, Doud: merci les gars – je commençais à désespérer d’une réaction!

    Martin, merci de tes bons voeux anticipés, je vais me les relire demain en même temps que la carte de ma marraine, qui, si j’en juge d’après l’enveloppe, l’a choisie outrageusement juvénile, question de me rassurer elle aussi sur mon statut de pas-vieille.

    @Lui-là: Merci. Soyez assurée de mon bonheur le plus complet, même si vous semblez douter de la pertinence de mes sujets (c’est ce que j’abstrais de votre deuxième paragraphe plutôt sybillin). J’ai effacé votre autre commentaire, qui nuisait à l’équilibre parfait et hautement ironique d’un échange datant du… mois de février. Puisque nous sommes dans les conseils de vie, tâchez de vivre dans le moment présent.



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