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Des heures et des heures de plaisir avec Google

29 mai 2007

Bloguer sur les fonctionnalités véritables de Google, ses tentacules innombrables, les cochonneries vers lesquelles il vous entraîne parfois ou son nez un peu trop fouineur dans vos infos personnelles, c’est out. C’est tellement out.

Il est temps d’arrêter de percevoir Google comme un simple moteur de recherche et de le voir pour ce qu’il est réellement: TOUT. Je vous propose un aperçu des admirables usages occultes de notre ami G. Remarquez, ce qui suit est transposable à tout autre moteur de recherche si ça vous chante, on n’est pas cybersnob, ici.

Un défouloir émotionnel

Vous vous sentez : Moche? Poche? Fru? Soûle? Chnu? Trisse? Vieux? Laide? Seul? Nulle? Mou? Sale? Roux? Autre adjectif d’état à connotation négative, qu’il soit monosyllabique ou non?

Confiez votre douleur à Google. Il connaît le secret qui transforme une gênante et indésirable émotion en quête rationnelle et rassurante. Au pire vous tomberez sur quelque chose qui vous distraira temporairement de votre peine d’amour déchirante ou de votre envie de pitcher votre boss par la fenêtre. Au mieux vous réaliserez que vous n’êtes pas tout seul à éprouver ces sentiments, ce qui vous rassérénera en vous aidant à vous sentir lié à la grande fraternité humaine par la chaîne virtuelle universelle, laquelle plongera métaphoriquement dans votre nombril pour vous y repêcher et vous empêcher de vous noyer tel un emo de 15 ans qui se gratte compulsivement le bobo.

Tout le monde le fait.

Dans l’interface de gestion de ce blogue, je vois les mots-clés que les gens ont tapé dans un moteur de recherche pour me trouver. La plupart tapent «ironica + blogue». D’autres tombent sur moi à la faveur de quêtes fantaisistes qui impliquent souvent Claude Legault. Mais la phrase que les gens tapent le plus est « Tu me manques » (le nom d’un de mes billets), avec toutes les variantes orthographiques possibles et tous les compléments imaginables. (« Tu me manques Guy », « Jacinthe tu me manques trop », etc).

Si bien que je peux être certaine que ce n’est pas la toune de Lara Fabian qu’ils cherchent. (Et c’est tant mieux, parce qu’il n’y a pas de tça ici.)

Un vérificateur d’orthographe

Quand j’hésite entre deux orthographes potentielles d’un mot, je les tape dans Google. (Pour ajouter à l’aspect ludique de la chose, on peut aussi se servir de Googlefight). La version qui obtient le plus de résultats se mérite le privilège inoui de contribuer sous mes doigts à la vitalité du fait français en Amérique.

Évidemment, puisqu’on ne peut plus se fier aveuglément sur la majorité pour écrire correctement, au grand dam de Marie-Éva qui en pleure souvent dans son lit en s’endormant, la sainte femme, je m’assure que la version majoritaire fédère des sites fiables, réputés, si possible corporatifs, gouvernementaux, journalistiques. Tsé leu mont de chi trou veusa inporten 2 pa èque rire Touque roche.

Un répertoire de précédents en matière de métaphores fantaisistes, de néologismes et d’hommages impromptus à Raymond Queneau

Aaaaaahhh. L’intense satisfaction de se faire dire par Google et ses adorables rejetons Google Blogs et Google Livres qu’on est la première à commettre un bon mot.

Quoi? Que dites-vous? Y a tout un univers de mots français à l’extérieur de Google?

Oui, mais ceux-là on s’en fout. De toute façon, qui va pouvoir les piquer, ces stupides mots, s’ils ne sont pas dans Google? Pas moi, en tout cas. Ben oui, vous pensez peut-être qu’à travailler dans le communautaire j’ai réussi à me monter une bibliothèque qui a de l’allure? Ou que je vais hypothéquer mes précieux moments de glande à traîner à la BNQ pour vampiriser des vrais livres de chair et de sens? (Merde, déjà utilisé).

Z’êtes malades.

Un service de messagerie original

Finalement, on peut se servir de Google pour lancer de brefs messages anonymes unilatéraux aux blogueurs. Suffit pour le fan crinqué, l’ami facétieux, l’admiratrice transie ou l’ennemi juré tapi dans l’ombre avec la cape rabattue sur le nez, d’essayer dans Google une combinaison de mots qui comprend le nom du blogueur et de cliquer un lien qui comporte l’adresse du blogue pertinent. Bingo. À noter: vos chances de pouvoir transmettre un message long et complexe de cette façon augmentent proportionnellement à la quantité et à la qualité de la prose du blogueur ciblé.

Personnellement, j’apprécie beaucoup les « ironica, je t’aime » et autres « ironica, tu pues » qui viennent trop rarement pimenter mon interface de gestion. Et je m’excuse sincèrement d’avoir alarmé avec un terme utilisé dans mon billet de fête la personne qui s’est empressée de taper dans Google « ironica, qu’est-ce qu’un cancer fulgurant?!!».

Eh bien, lectrice (j’ai décidé que c’était une fille), ça se trouve à être un cancer qui t’emporte particulièrement vite, qui te foudroie, comme qui dirait. J’espère que ton souci était d’éclaircir le sens de « fulgurant ». Ta triple ponctuation d’aspect alarmiste me fait cependant redouter une légère tendance à l’hypocondrie. J’espère que tu ne t’es pas guetté les tripes toute cette semaine-là, à cause de moi! Sérieux, c’est normal que ça travaille, un corps humain. Comment ça, une nouvelle douleur bizarre? Euh… es-tu sortie dehors aujourd’hui? As-tu bien mangé? Bien dormi? Fait de l’exercice? Surtout, ne google pas tes symptômes. NON!… ne… fuck.

Elle les a googlés. Et maintenant sa quiétude est troublée, ainsi que la mienne. Vous voyez bien que c’est néfaste, de réduire Google à son usage premier.

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7 commentaires

  1. GOOD LORD! Tu promets que tu n’arrêtes pas d’écrire dans deux mois, hein?

    Vraiment, vraiment, le meilleur google query post à vie. Ever.


  2. je m’en sers vraiment osuvent pour vérifier un ortographe. parfois c’est surprenant comment la différence ets petite entre le bon terme et le mauvais :S


  3. Et me vla complètement perdue. Mais c’est pas grave. Je me suis beaucoup amusée à te lire!


  4. @Beachboy: Bon, j’avoue que cet usage là est pas occulte, juste original.
    @Philippe-A.: Merci de ton appréciation délirante, oh mon distingué collègue décupleur de stats!
    Dis donc, quand est-ce que tu me fais un drink, question que je sache vraiment de quoi je parle quand je commente tes billets du vendredi? Celui sur le Long Island Iced Tea m’a donné SOIF! Un takeover de bar au prochain YB, ça te tente pas?
    Tu iras voir ton Facebook. Et on se reparlera des choses que je peux promettre ou pas!
    @ChroniquesBlondes: Perdue? Vous m’interrogerez longuement à la première occasion, chère vous. Je vous dois un drink de toute façon pour votre recette. Et je vous prierais d’arrêter de me flanquer des idées fantaisistes en tête avec vos billets « séminaires » fabuleusement inspirants.


  5. […] Des heures et des heures de plaisir avec Google Bloguer sur les fonctionnalités véritables de Google, ses tentacules innombrables, les cochonneries vers lesquelles […] […]


  6. Drôle d’article ! Mais on pense à la pertinence !!!


  7. Un article bien ficelé… pense au référencement et tout particilièrement des Blogs…
    Pour traduire des mots, et apprendre de nouveaux mots…



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