Archive for juin 2007

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Un souvenir indélébile

24 juin 2007

Anecdote de circonstance.

Alors qu’il était dans la jeune vingtaine, un ancien collègue de bureau à moi, Montréalais anglophone, plutôt ouvert et francophile, s’était laissé dire que «la Saint-Jean, c’est à Québec que ça se passe» et avait obtempéré avec enthousiasme, seul et prêt à tout.

C’est ainsi qu’il se réveilla sur les Plaines d’Abraham le lendemain, perdu et endolori, pour constater qu’il avait un gros trou de mémoire et une fleur-de-lys tatouée dans le dos.

Imaginez les gars qui se sont dits : «Hey, l’Anglais est soûl mort, on le tatoue, ostie!».

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Pomme Pomme Girl

21 juin 2007

J’attendais impatiemment la venue d’une nouvelle ère où je ne suis pas prisonnière à domicile, où je n’ai pas à synchroniser mon ipod de la job, où je peux visiter tous les sites que je veux et vérifier les liens externes de mon blogue sans que ça ne court-circuite le fureteur, où les lettres m, c, g, v, le point et l’enter ne disparaissent pas sporadiquement, où youtube ne tressaute pas comme un camé bègue, où ma caméra est reconnue et vidée de son contenu, où uploader un document ou embedder un vidéo ne déclenche pas un message d’erreur, où mon disque dur ne grince pas sinistrement, où je ne suis pas redirigée vers fuckin nykd quand je ne tape pas l’adresse complète du site voulu dans ma barre de navigation, où je peux downloader avec succès tous les logiciels possibles, où les sites technoflashy ne laissent pas mon fureteur perplexe, où je peux réussir à éliminer mes vieux torrents, où je peux vidéochatter avec ma sœur au Maroc et où je peux télécharger tranquillement ma porn sans me farcir de virus par la même occasion. (Et voilà pourquoi, Poute, je ne voulais pas informer toute la famille que je bloguais).

And yet… il y a plus d’une semaine que la grosse boîte trône et traîne sur ma table de cuisine et je ne la déballe pas. Angoisse métaphysique. Plus rien pour me ralentir? J’ai peur que la pomme me croque.

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Mauvaise joueuse

18 juin 2007

La rédactrice chauve, que je salue cordialement au passage, m’a filé la tag. On parle livres, les enfants. En fait, on était censé parler livres. On en parlera sérieusement une autre fois.

Quatre livres de mon enfance?

Impossible d’isoler quatre livres dans la masse informe et chère à mon coeur de tous les Petite maison dans la prairie, Comtesse de Ségur, Petit Nicolas, Anne, la maison aux pignons verts et autres « Un bon exemple de kekechose, kekun raconté aux enfants».

Je me contenterai de révéler que dans cette collection, où Grolier exploitait vingt ans avant Mac un exquis design blanc minimaliste, Un bon exemple de soif de savoir… Marie Curie racontée aux enfants était mon chouchou. Pardon à Maurice Richard, Louis Pasteur, Helen Keller, Confucius et la gentille madame qui a parti en Angleterre des prisons féminines qu’avaient enfin de l’allure pis les prisonnières elles arrêtaient d’être des souillones échevelées qui se battent en laissant leurs bébés traîner dans les coins pis elles faisaient de la broderie. En chignon, monsieur.

Les dessins des livres de cette collection étaient laids mais servaient admirablement l’histoire. Par exemple, quand un inspecteur russe entrait dans l’école de Marie Curie, on voyait les petites filles cacher en catastrophe leurs livres de polonais étudiés clandestinement. Ensuite (on tournait la page) on les voyait debout, mains dans le dos, le sourire faux et le sourcil tremblant, face à l’occupant à bonnet de fourrure et moustache chromée. Cette image me stressait à chaque fois. Un bon exemple d’hypersensibilité déréglée… Ironica racontée aux enfants.

Quatre livres que j’emporterais sur une île déserte?

En fait, si on y réfléchit bien, si j’avais des livres sur une île déserte, ça serait par pur hasard. Je les aurais sélectionnés dans l’optique de la destination où je me dirigeais quand le bateau a coulé / l’avion a crashé. Donc ils ne constitueraient d’aucune manière de la lecture d’île déserte. Cette question est absurde. Or, vous l’avez peut-être remarqué, j’ai beaucoup de misère avec ça, moi, l’absurde. L’absurde pis l’ironie. Pas capable.

Je ne lirais pas, moi, sur une île déserte. Je tâcherais dans un premier temps de ne pas mourir de faim et de soif. Ensuite, voici ma prédiction. Après quelques mois sans ordi, sans conversation, sans nouvelles, sans repères, sans loisirs, sans amour, sans alcool, sans bonne bouffe, sans espoir, sans sexe, sans changement, sans amis, sans rien pour me ralentir la tête, je pèterais une dépression ou je virerais follepire et un matin, dans une glorieuse aube jaune et rouge, je m’ouvrirais les veines dans la mer avec un coquillage pointu. Attirés par mon hémoglobine d’excellente qualité, les requins viendraient me manger. C’est plus noble comme fin que de me offer sur la plage et d’être picossée par les goélands, je trouve. Pas vous?

Je ne pense pas que traîner sur mon île Dostoïevsky, Nothomb, Vonnegut ou un autre de ces délicieux névrosés que j’affectionne m’aiderait à échapper à ce funeste destin. Au contraire.

Quatre auteurs que je ne lirai probablement plus jamais?

Wo, wo. C’est quoi, cet appel au jugement? Il ne faut jamais dire jamais. Mal prise, dans une salle d’attente, pas d’ipod, j’aime mieux lire de la schnoutz (ça, c’est comme de la schnoutte, mais yiddish) que rien. Sinon je me mets à regarder autour de moi et ça me déprime. En plus, j’ai toujours peur qu’un autre patient essaie d’entamer la conversation malgré mon air soigneusement rébarbatif. Je lis donc tout ce qui traîne sur les tables, renforcant au passage mon système immunitaire: Paulo Coehlo, Clin d’oeil d’octobre 2004, pages roses d’un vieux Larousse, Christiane F. 13 ans droguée prostituée, brochure médicale sur les dangers de la drogue et de la prostitution chez les jeunes.

Quatre livres que je suis en train de lire?

J’ai un préjugé défavorable à l’égard des personnes qui disent lire plusieurs livres en même temps. Mon cul, quatre livres en même temps. Kessé ça? Moi je dis que vous mentez et que vous dites « lire» des livres que vous n’avez pas ouverts depuis trois mois, sous prétexte qu’ils traînent encore sur la table à café. Ramassez-vous, bâtard. Sinon, soit vous avez beaucoup trop de temps libre, auquel cas je vous suggère de vous partir un blogue, soit vous êtes des méchants craqués.

Ça va faire, le clic pis la zapette! Fixez votre esprit! Si vous trouvez ça plate de lire juste un livre – c’est parce qu’il est plate, celui-là. Flushez-le! Osez vous immerger dans un imaginaire à la fois. Arrêtez de vous disperser. Concentrez-vous. Méditez, poppez du Ritalin. Faites edquoi.

OK, nuance, je vous pardonne si vous entrecoupez votre Nietsche de quelque chose de plus digeste. La complexité, l’aridité ou juste le spleen intense qui se dégage d’une oeuvre justifie parfois une certaine aération mentale. Moi, Céline (pas la chanteuse), j’ai dû interrompre son voyage au bout de la très très sombre nuit par deux lumineuses stations de métro Zazie, juste pour ne pas être tentée par le combo coquillage pointu / requins décrit plus haut.

Mais c’est tout ce que je vous consens comme latitude, génération ADD. Un livre pour s’aérer d’un autre. Pas deux, et encore moins trois. Si vous voulez découper plein d’affaires partout pis les recoller pêle-mêle à votre guise, faut faire du scrapbooking, pas de la lecture.

Quatre prochains livres que vous allez lire?

Quatre! Quoi, il faudrait que je me confectionne une AUTRE toudouliste, celle-là avec des livres, et que je la coche? De la tellement schnoutz. Sus à l’épicerie littéraire! Pour l’instant, je termine La Dernière Femme de Jean-Paul Enthoven et je tâche de me remettre de l’angoisse suscitée par les pages 113 et 114. (« Entre un écrivain et sa femme, il n’y a que de mauvaises solutions« , portrait de Francis Scott Fitzgerald et de sa femme Zelda à l’appui). Le prochain livre que je vais lire? C’est pas de veaux à faire. Meuh, je chancelle d’avance.

***
Bon, tout ça me fait penser, faut que je ramène Auster à Eva et Marguerite à Sarcastine. Et la tag? Quoi, la tag? Ben non, je la refile pas, la tag. Fait trop chaud pour courir partout. Je vous tague tous en blanc si vous voulez vous essayer, par contre, lecteurs. J’aime bien qu’on me cause littérature. Vous pouvez remplacer « quatre », par « un », j’aime bien qu’on me cause à échelle humaine, aussi.

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En direct de mes fonds de tiroir II

14 juin 2007

7 avril 2007. À l’écran, les Canadiens achèvent de (nous faire) souffrir pour la saison. Dans le confort du loft mythique, Sarcastine et moi essayons de canalyser notre stress d’abord et notre déception ensuite en gribouillant n’importe quoi ensemble.

Trois contraintes à notre cadavre exquis à découvert. Premièrement un texte d’une page maximum. On veut quand même boire et suivre un peu la débâcle, aussi. Deuxièmement, chacune ne peut à son tour qu’écrire une seule phrase, peu importe les flambées d’inspiration. Troisièmement, c’est Glamour Boy qui devait choisir la première phrase, ce qu’il a fait distraitement, tout au martyre de son équipe:

« Georges était bleu. » (Pourquoi l’imparfait? Pourquoi?)

Sarcastine a tapé la première phrase. Les miennes sont en rose.

(Commentateurs) :

 » – Je pense que Sarcastine domine clairement ce premier match de micropingpong de l’absurde, Roger, on voit qu’elle essaie dès le départ de faire progresser le récit…
– Oui, René, alors qu’Ironica se bucke et tente systématiquement de le faire staller… on note sa première phrase, clairement de mauvaise foi et qui refuse de servir l’action…
– On voit que ça joue du coude aussi avec l’introduction rapide d’un autre personnage…
– Sarcastine a bien joué avec ce « Choupinet » inattendu qui a pris Ironica de court…
– On note aussi la persistance de certains thèmes chez ces joueuses…
– J’allais le dire…
– Devrait-on retourner commenter le match du Canadien, Roger?
« 

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Ah, c’est LUI, ça, l’écoeurant.

12 juin 2007

Il l’avoue en toutes lettres, après son nom, tout en bas de ce communiqué. Qu’on l’arrête.

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Ciel, je pense que ce Hummer me veut

10 juin 2007

Guide pratique à l’usage de la jeune femme qui se fait crier «Hi honey» par un conducteur de Hummer :

1) Étonnez-vous qu’un propriétaire de Hummer s’intéresse à vous, surtout si vous êtes brune, habillée sobrement et peu greyée de devanture.
2) Souriez-lui gracieusement.
3) Pointez-le d’une main. Avec votre autre main, illustrez-lui concrètement, à l’aide de votre pouce et votre index à peine écartés, l’idée que vous vous faites de la taille de son pénis.
4) Reprenez votre marche sereine en chantonnant.

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Il neige

10 juin 2007

Les peupliers argentés sont vraiment des dépravés, à répandre leur semence sur toute la ville, comme ça.