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Et les saints de Marcel Marceau

24 septembre 2007

Je suis là. Bonsoir!

Il n’est pas question de m’excuser de vous négliger parce que ce serait là contrevenir au craint et respecté Dogme de Lauzon. Je vais plutôt, en m’ébrouant un peu sur cette plate-forme poussiéreuse, soumettre à votre vindicte (vous, les quatre lecteurs qu’il me reste) les principales causes de mon mutisme des dernières semaines. Ce sont eux, les écoeurants. Blâmez-les. Pour faciliter votre fureur vengeresse, je les ai placés en ordre croissant de blâme. (C’est mon côté cartésien. Celui qui va prendre le bord bientôt, automne oblige. Profitez-en, les quantités sont limitées.)

Crackbook

Si vous n’êtes pas encore sur Facebook, restez-en loin. C’est de la droye.

Illustration: le mois dernier, quand j’ai découvert une souris dans ma cuisine, après m’être sainement expérimenté comme femelle en poussant les traditionnels cris perçants, je me suis pitchée sur Facebook pour faire état de l’intrusion, avant même de songer à sortir le balai ou à appeler mon concierge. Deux heures sans et je fatigue. Quatre heures sans et je shake.

Oui, cette joyeuse communauté en ligne me mange du temps. Les heures autrefois consacrées à lire l’actualité, y réfléchir, prendre des notes, rêvasser, me perdre sur le web, me laisser entraîner dans des délires que j’avais ensuite le goût (et le temps) de partager, sont maintenant investies à jouer au Boglicious et au Scrabulous (on ne niaise pas avec les marques déposées de Parker Brothers/Hasbro Inc. sur Facebook, les enfants), à wallstalker les fascinants amis d’amis d’amis qui ont la courtoisie ou la naïveté de garder leur profil public, à commenter des photos, à installer des « applications » aussi utiles que le hamster vibratoire et à attendre (1) et parfois même (2) messages le cœur battant.

En plus, je dois dire que le fait de trouver chaque jour quelque petite phrase accrocheuse pour décrire mon état (status, dans le jargon) afin de tenter de divertir mes amis canalise beaucoup de la créativité que je déversais autrefois ici. Le status update, mes amis, c’est le blogging du pauvre.

Le tout pourrait facilement faire l’objet d’un post et peut-être le fera-t-il.

Cynisme

Qu’est-ce que le spasme de bloguer? Quel avantage en retireujeu? Saturne, planète du Doute, caracole devant mon soleil et me remplit de pensées mortifiantes et anti-bloguesques. Futilité. Gaspillage. Fuite. Procrastination. Niaizzzage. Au départ, ma motivation pour tenir ce blogue était de me dérouiller la plume, laquelle était quasi-mortellement atteinte de vert-de-gris à force de ne rédiger que des galettes arides. Six mois plus tard, je considère que le Rust-Ban a fait son oeuvre. Des fois vous êtes d’accord. Commentaires positifs et présence dans des blogolistes huppées m’ont rosi les joues et m’ont fendu la face d’un sourire timide.

(Petite main gantée qui décrit des quarts de cercles sur un axe vertical.)

Toutefois, outre cette petite et flatteuse (péteuse et flat-titted?) reconnaissance, outre votre gentillesse qui me fait toujours plaisir mais à laquelle je me suis accoutumée en vilaine junkie que je suis, je ne peux pas dire que je tire réellement mon marron du jeu (hommage à toi Jacques). Je blogue pour vous, en quelque sorte. Puisque charité bien ordonnée commence par mon nombril, il est où, moi, mon nanane?

Le tout pourrait facilement faire l’objet d’un post et peut-être le fera-t-il.

Cupidon

Allégresse! Magie! Extase! (Avec en bonus, une p’tite danse jubilatoire: checkez ben ça…(…) hein? hein? oh yeah) Un Cupidon tout ce qu’il y a de kosher, avec boucles chatoyantes et minois de chérubin, à cet étrange détail près qu’il portait des bottes de cowboy, m’a présenté un garçon qui m’a happée dans son monde – sluuuuurrpppp – en moins de temps qu’il n’en faut pour chanter «p’tites patates». (Lien omis à la demande du garçon en question, dont la peu modeste phobie est de devenir le nouveau Ghyslain Raza). Depuis, je consacre beaucoup de temps à: me faire flatter les cheveux, rire, m’émerveiller de ne plus me casser la tête pour rien, jouir par l’oreille, fixer le vide, chasser les guêpes, l’admirer, fumer moitié moins, faire le vide, me faire réveiller à 4h50, faire une Di Stasio de moi-même, guérir, apprivoiser l’orient lointain, de pas démontrer mon inaptitude aux sports en général et à la pétanque en particulier, remplir le vide, donner d’inoffensifs coups de pattes, ne pas appeler ma mère (pardon, Moune), avoir mal aux abdos, brainstormer sur tout ce qu’on va créer ensemble, sauter dans le vide et miauler.
.
Et j’avoue que pour l’instant j’ai plus le goût d’en profiter pleinement en personne que d’en témoigner ici. D’autant plus que ça faisait longtemps que je tentais d’appâter cette grue de déesse fugace. Et d’autant plus-plus que, comme vous le savez, m’épancher au sujet de ma vie privée ne fait pas partie de mes habitudes. Shocker: le slogan qui orne l’entête de ce blogue est partiellement un mensonge. N’est vrai que son regard perçant. Le sien au garçon en question, je veux dire. Mon slogan de blogue n’a pas de regard. Suivez, bâtard.

Le tout pourrait facilement faire l’objet d’un post et peut-être le fera-t-il.

***
Sur ce, je m’en vais croquer la Grosse Pomme et après ça je vais rencontrer la belle-famille. Je me tais donc pour au moins une semaine. Que j’en wouèye un chialer.

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20 commentaires

  1. Wouhou! Un billet d’Ironica!!! Je savoure chacun de tes écrits!! Je suis groupie!!! WOOOOOWWWW!! J’ai relu toutes tes archives trois fois tellement je m’ennuie de tes histoires!! Tu me fais rire!! En plus, tu cuisines?!?! T’es vraiment la meilleure! Aaaahhh!!! Tu me fais rever!!!

    Écris plus souvent siiiouuuplaiiitttt! je suis ton lecteur LE plus fidèle!!! FaceBook?? Pffff, je préfère bien plus passer mon temps à checker vouair si t’arais pas écrit à nouveau. Tu voudrais m’accommoder raisonnablement et te forcer un peu plus? Amène ton portable avec toi et blogue de là-bas!! Y’a pas de raisons! C’est pas les amaricains qui ont inventé le «information superhighway??!

    Alex, TON fan le plus fan de tous tes fans


  2. Hey! C’est Iro!

    Je suis content, moi aussi, de te voir te dégourdir le clavier! Quelle joie quand Bloglines m’a indiqué la présence de ce post!

    T’inquiète avec la fréquence de tes posts. En autant que tu nous gâtes de temps en temps, je suis heureux!


  3. Moi aussi, j’ai eu un soubresaut d’excitation en voyant que tu avais publié un billet.
    Ta fréquence est pardonnée. La qualité de tes écrits te pardonnera toujours tout.

    Et tes excuses sont valables.
    Damn you Facebook.


  4. Fiou, t’es vivante, boss.
    Désespéré, j’en suis presque venu à lire Richard Martineau.

    Bise.


  5. A quoi ça sert d’écrire? rester éternelle. Gainsbourg n’est pas mort. Puis si tu n’as plus envie d’écrire, c’est que tu n’as plus besoin de fuir dans ton imaginaire et que tu trouves ton plaisir ailleurs. Mais tu pourrais faire beaucoup de fric. tu écris vachement bien.


  6. Sache , petite frisée , que des lecteurs tu n’en avais pas quatre , mais bien cinq . J’étais là tout ce temps , m’ennuyant des tes mots cinglants , jalousant la chance que tu as d’avoir passé tous ces jours a regarder la mer. Je suis bien content de te savoir revenu dans la putain de métropole sale . Donc , rebienvenue chez les fous.


  7. je suis émue. En lisant tes autres textes je me rends compte que tu es juriste comme moi. Le juriste humaniste est devenu un paradoxe. Je me rapellerai toujours cette étudiante dans ma classe me regardant avec un air de dédain comme si j’étais un extra-terrestre parce que je lisais « autre chose » pendant la pause. Ce qui est dommage c’est que mes copains qui étaient plus portés sur le droit naturel et l’éthique se sont tous retournés vers d’autres occupations et ont délaissé la pratique du droit. Il ne reste que des procédureux, des bureaucrates, des remplisseurs de formulaires,des protecteurs de biens acquis. On se part un bureau?


  8. Mais je chiale je chiale! Nanon sérieusement, c’est une épidémie ce Facebook là! À peine découvre-je les blogs qu’une autre lubie prend le spotlight du web et là, tout le monde me demande si je suis sur Facebook. Bref, tout ceci ne fait que me conforter dans ma détermination de faire exploser le server de Facebook pour revoir nos bloggueurs adorés. Et si jamais votre garçon est le Père digne dingue, ça explique vos silences respectifs 🙂


  9. Fais-nous un billet sur la grosse pomme (si ça te chante, bien sûr).


  10. wow, t’es en feu!

    pour facebook, si t’installes pas plein d’appications, c’est pas torp demandant en temps et vraiment pratique (en tk moi je trouve ca pratique pour avoir les photos du weekend de mes amis qui étaient présents)


  11. Et bien ça alors. Pendant que les couleurs de l’été s’enflamme et que le gris de l’hiver nous regarde, madame profite de la vie et c’est très bien ainsi.

    Newton est dans ta vie; une pomme sur le bureau, et toi marchant mains dans le mains au cœur de la Grande Pomme, c’est l’automne et c’est justement le temps des pommes, croque dans la vie.

    Les désirs de Facebook s’effriteras lentement, le goût devient fade, Fadebof. Pomme pourrit.


  12. Quitter ce blogue serait une grave erreur. Premièrement, on commence, je dis bien, on commence à parler d’un style. La pointe, que dis-je, le dessus subtil et poilu d’une tête voulant émerger des profondeurs qu’une grande paresse et une jeunesse frivole ont tenues sous l’eau anonyme trop longtemps.

    L’amour, je serai toujours pour. Mais qu’est ce que l’amour moderne, s’il n’est pas partagé de long en large, s’il n’est pas étendu via nos écrans avides de partage virtuel plus vrai que nature. Quel sens donné à cette annonce, que celui d’une fuite vers l’avant, dont le symptôme faceweb, facepage machin merde, est le symptôme évident.

    Je te le dis. J’ose même parler au nom d’un groupe silencieux. Rarement te seras tu fais parler de la sorte jeune perdue. Mais tu dois te ressaisir jeune fille ! Oui tu as bien lu, jeu-ne fille !

    Pendant que volent en l’air, condom clavier et tapis de yoga, il reste sur ce blogue des croyants envers qui tu as ce que la galanterie du Web appelle ; une officieuse responsabilité de maintenance blogosphérique.

    Parmi les milliards de claques qui se perdent sur l’interweb, une demi-douzaine te reviennent pour cet égarement qui n’est plus de ton âge. Facecrook c’est comme fouiller dans une pile de portefeuilles. C’est aller au parc avec son album photo dans le dos, est-ce une distraction à ta mesure ?

    Bref, si tu arrêtes là, je te le dis, tu auras raté ta vie. Rien de moins.

    p.s. Enlève au moins 200 visites depuis ton silence exagéré juste pour moi, j’estime que me dois 200 clicks de souris…Un recours collectif s’organise !


  13. À lire et à relire jusqu’à temps que ça me bouche chaque trou du gruyère…


  14. Hou-rah!


  15. Ah non! Un mois sans updates! On se concentre sur Crackbook?


  16. Un mois? De quoi je parle? Je m’excuse, je crois que je perds le fil du temps. On est le 6 OCTOBRE, OCTOBRE.


  17. Le « facebook status est le blogue du pauvre »!!! Je la ris encore, même après avoir lu tous les commentaires! Ironica, Ironica, les bonnes nouvelles vous vont à ravir.

    Et pour la fréquence, heee, on vit en démocratie, non? Comment ça, « non »!?


  18. J’chiale pas, oh non, mais mamzelle Ironica, ca fait pas plus d’une semaine? Mais vers ou dois-je me tourner pour ne pas perdre mon bon francah! De qui puis-je apprendre a me comporter comme une femme saine et equilibree (mais un tantinet cocasse et frivole) une fois en relation avec garcon gentil et charmant (mais un grain malin et pervers)?! Qui, mamzelle Ironica, QUI!?

    Non, serieux, question generale comme ca, tu sais qui?


  19. C’est tu toi Dominique Arpin ?


  20. @tous: Vous êtes des êtres merveilleusement gentils et indulgents sans qui novembre me mènerait sûrement à une spectaculaire défenestration.

    @Martinville: Mais j’aiiiiiiiimmmmme ça Facebook et y a juste mes amis qui peuvent voir mes photos et je donne pas ma date de fête et…oooooohhhh je suis une sale droguée. Merci pour les coups de pied au cul, ils ont mené à une lente, longue, laborieuse, voire bovine reflexion mais pourrais-tu arrêter de me mettre de la pression? Je craque (et de partout, vu mon âge avancé).

    @Chroniques Blondes: Savez-vous que je vous considère comme ma marraine de blogue?

    @(Darling) V et la Marsouine: oh, les vilaines curieuses! Il est pas loin, le principal coupable, pas loin, dans une liste, une certaine liste…

    @Gargouilliste de Ruelle: Non. Je me plais à battre le personnage à coups de pantoufle.



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