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Marguerite écrivant seule pour des muses taciturnes

25 août 2008

De temps en temps, en interrogeant mon agrégateur, je tombe, non seulement sur des billets de blogueurs que j’aime, mais sur des commentaires comme celui-ci. Ils me font un p’tit v’lours, ces commentaires. Ils me font rêver comme le fantôme folâtre d’une petite vieille, ravie de voir qu’on vient poser des fleurs fraîches sur sa tombe.

Bon,  »tombe » est peut-être un terme un peu fort. D’ailleurs, cette métaphore est croche. Moi, je suis bien vivante, c’est mon blogue qui flatline allègrement. Vie et mort des blogues, un sujet de thèse fascinant.

J’aimerais m’excuser de négliger ceux et celles qui viennent encore ici de temps en temps, espérant quelque billet de ma part. La vérité est que j’ai trouvé une autre tribune et que je n’ai plus de temps pour celle-ci. Je ponds vid sur vid pour urler.tv.

En janvier 2007, au moment d’inaugurer ce blogue en uploadant la photo de Banane-et-la-bouteille-de-gin, je débordais d’idées et d’inspiration, de pensées qui revenaient me spinner dans la tête à intervalles réguliers:  »Moi! Moi! Choisis moi! ». L’idée avait déjà une forme, un début et une fin. Même chose pour les Auteurs du dimanche, une formidable occasion pitchée sur mon chemin par ce charmant personnage, le même qui m’a décerné un prix en forme d’amical bottage de fesses. De la fa-ci-li-té. Ouvrir cerveau, mettre thème, laisser macérer, verser texte dans document. Réciter, espérer que rire, espérer qu’applaudir. Se rasseoir. Boire gin pour calmer vertige. Avoir hâte à la prochaine fois.

Oh, c’est fini ce temps-là, Gerda. Introducing: le néant.

La dernière fois, je m’étais empressée de gratter de la terre sur le problème avec mes pattes arrière en invoquant Facebook, les exigences de la passion et le cynisme existentiel. Tous ces facteurs sont encore aujourd’hui dans mon cas, objectivement, des empêcheurs (dont certains très agréables) de bloguer en rond. Mais le plus gros empêcheur, c’est le fait de n’avoir rien à dire, la tête vide, la Reine de Coeur écrasant de sanglants embryons d’idées sous ses talons, au cri viking de ArkPoch. Comme si toute reconnaissance ne me donnait non pas confiance, mais la cafardeuse certitude de bientôt décevoir. Le deuxième plus gros empêcheur, c’est de n’éprouver qu’une lointaine et nauséeuse désapprobation des évènements désagréables, en lieu et place de l’indignation lyrique, et un abandon proche de la stupeur au ronron du quotidien, tenant lieu de dérive imaginaire.

Impulsion de s’asseoir et de coucher quoi que ce soit sur écran = nulle. Capacité d’automotivation = buisson épineux qui roule par là pendant que ça fait vvijjj dans le background.

J’aimerais m’excuser de négliger ceux et celles qui viennent encore ici de temps en temps, espérant quelque billet de ma part. La vérité est que j’ai trouvé une autre tribune et que je n’ai plus de temps pour celle-ci. J’en suis à mettre la touche finale à mon premier roman.

J’ai l’impression d’avoir échoué. Échoué comme échec et échoué comme épave éventrée sur un récit-F, avec du lichen visqueux sur la tête. Je n’ai pas fracassé le dolmen dont je parlais ici (à l’avant-dernier paragraphe, tapez-vous pas tout ça). Honte sur le gruyère qu’est ma tête.

Bon, là, je me relis, je trouve que j’ai l’air de me prendre au sérieux, je me juge. Je me relis, je trouve que j’ai l’air de me noyer dans mon nombril, je me juge. Je me relis, je trouve que c’est cave de prendre la peine de dire qu’on n’a rien à dire, je me juge. ArkPoch! AAARRKKPPPOOOCCCHHHH!!!

Je sens que je vais devoir émettre des constats désagréables, genre: tu n’as pas d’énergie, tu as la tête vide, tu as des trous de mémoire, ton self-esteem est bas et tu te sacres de toutte. ET on n’est même pas encore en novembre.

J’aimerais m’excuser de négliger ceux et celles qui viennent encore ici de temps en temps, espérant quelque billet de ma part. La vérité est que j’ai trouvé une autre tribune et que je n’ai plus de temps pour celle-ci. Je vais être calife à la place du fucking calife.

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6 commentaires

  1. On fait toujours les meilleurs textes quand on a rien à dire, car le rien est une source inépuisable de matériel pseudo-abstrait et de sentiments tabous.
    Tandis que lorsque l’on s’exprime sur un sujet ou quelque chose en particulier, on en a rapidement fait le tour, surtout si notre sujet c’est Denis Lévesque.

    Continue ta belle ouvrage, ma câlife. T’es la meilleure, à des années lumières de Denis Lévesque.


  2. J’aime la vérité. C’est différent de Denis Lévesque.


  3. Tu écris bien. Je suis jaloux. C’est sur, tu nous manques. Mais on force pas une banane à donner du jus. Ne t’excuse pas. C’est trop douloureux.


  4. ok le roman c’est quand batinse


  5. joyeux noël oka où tu rôdes encore par icitte…


  6. Une semaine plus tard dans les Maritimes, merci de tes voeux mon cher. Je ne passe plus guère ici, en effet. (Je devrais, avant que WordPress m’efface!)

    Une excellente année 2009, qui te laissera peut-être un peu de répit, celle-là? J’aurais bien besoin de m’essoufler un peu, pour ma part. Ne m’oublie pas pour les ADD ou autres projets extravagants!



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