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Éclair et Éclipse

17 décembre 2018

Je t’ai dit dans mon courriel que je savais que tu cachais un gars sensible sous une carapace de monsieur sérieux. Jusque-là, je pense que tu étais capable de relativiser et de banaliser nos deux-trois petits échanges amicaux, à peine flirty. Je pense que c’est cette idée-là, que je te vois, pas ta façade de gars qui joue à tout-va-bien, mais toi tel que tu es, tel que tu ne veux pas être en ce moment, vulnérable, qui t’a fait flipper.

Ton visage dur quand tu m’as ouvert la porte avant la réunion n’était pas ce à quoi je m’attendais. Un visage de gars qui a une tâche à accomplir, une bulle à péter.  Mon manteau n’était pas encore accroché que tu sautais dans le vif du sujet. Une chance que tu m’as fourni de la caféine pour affronter le torrent, cette affirmation et réaffirmation litanique de comment tu allais bien en ce moment, libre, et heureux d’être bien et libre et content d’être libre et de profiter de ta liberté de gars qui va bien. Cascade thématique constamment démentie par tes yeux tristes qui fuyaient les miens et par l’urgence injustifiée du propos que tu me tenais, comme si ça faisait des mois qu’on couchait ensemble et que j’avais murmuré dans mon sommeil quelque aveu compromettant.

À un moment donné, tu t’es mis à m’expliquer précisément quel genre de relation tu voulais au cœur d’une trop longue phrase qui affirmait par ailleurs que tu n’en voulais pas, et j’ai eu l’impulsion méchante de t’interrompre. De te dire qu’après trois courriels et demi je te trouvais lunatique de gérer des attentes inexistantes, et que si je voulais être en relation ça ne serait pas avec un gars sur le rebound, de toute évidence encore troublé par son ex (et le nouveau chum inconnu de celle-ci) et manifestement dépourvu de disponibilité affective. Je ne l’ai pas fait parce que je te sentais fébrile, fragile. Read the rest of this entry ?