Archive for the ‘Crise de la trentaine’ Category

h1

L’adieu au pied des remparts

3 janvier 2015

Chaque tort avoué je l’aurais couvert mains et coeur

Chaque défaut révélé de douceur baigné

Chaque erreur d’excuses assortie pardonnée sur l’heure

Chaque faute admise couverte de baisers

Mais puisque tu persistes à prétendre que ces murailles aveugles sont ton essence

Qu’elles sont taillées dans la pierre de vérité

Que ce roc intransigeant jamais ne prêtera flanc

À mes tendres escalades

Je te laisse à ton château

Où tu abrites si tristement

Ta honte injustifiée

Cette humble manante repart avec sa masse

Pour fracasser les potentiels ennemis de passage

Et s’excuse d’avoir osé en menacer tes murs

Pauvre prince fortifié

Je te laisse à tes douves

Je te laisse à tes tourelles

Je te laisse à tes meurtrières

Je te laisse à tes remparts

Te signalant au passage

L’oubli d’un pont-levis dans tout cet assemblage

Je te souhaite le courage d’éclater un jour toutes ces pierres inutiles

Pour respirer l’air vrai du royaume

Majesté, oh Majesté

J’aurais tant aimé t’aimer

Publicités
h1

Sur écoute

23 septembre 2012

I guess I failed

Doux échec

À retenir

Ces sentiments-là

Qui caracolent maintenant au loin

Toutes clôtures sautées

J’imagine que j’ai échoué

Sweet fail

Par trop d’envie de me perdre dans tes yeux bleus verts gris

Et d’embrasser tes mains

Et de plonger, et de plonger

Dans une paisible intimité

Où je suis enfin moi sans peur et sans jugement

Sans rien à cacher

I guess I failed

Doux échec

Ce qui nous laisse mon cœur

Ma belle surprise défriendzonée

Avec un problème, un beau problème

Et aucune envie de le régler

J’imagine que j’ai échoué

Sweet, sweet fail

L’avenir confirmera la défaite

Ou amènera assez de lumière

Pour que novembre batte en retraite

h1

Conversation de cadre de porte

8 février 2012

tempête électrique entre nos corps décemment espacés

protégés bras croisés

qu’importe

ce ne sont que supports graciles pour cerveaux suractifs

se parlant sur la pointe des mots

et le moindre « you and I » envoie des salves de papillons

en territoire. hostie. il.

h1

Le Boy

9 janvier 2012

Ma tête a décrété l’arrêt de la folie entre trois charmes cassés à son sourire poli

 

J’en trouverai un moins beau juste pour me tenir chaud

J’ai trouverai un plus vieux car l’amour c’est sérieux

J’en trouverai un à moi, un fiable et stable alpha

Je suis une femme blindée aux visées justes

quoique légèrement de travers

qui a vu, connu, vécu, vaincu

 et croit pragmatiquement au vert

 

Mais mon cœur de 16 ans

Mais mon cœur de 16 ans

Ne sait pas ça, ce soir, ne sait pas ça.

h1

Marguerite écrivant seule pour des muses taciturnes

25 août 2008

De temps en temps, en interrogeant mon agrégateur, je tombe, non seulement sur des billets de blogueurs que j’aime, mais sur des commentaires comme celui-ci. Ils me font un p’tit v’lours, ces commentaires. Ils me font rêver comme le fantôme folâtre d’une petite vieille, ravie de voir qu’on vient poser des fleurs fraîches sur sa tombe.

Bon,  »tombe » est peut-être un terme un peu fort. D’ailleurs, cette métaphore est croche. Moi, je suis bien vivante, c’est mon blogue qui flatline allègrement. Vie et mort des blogues, un sujet de thèse fascinant.

J’aimerais m’excuser de négliger ceux et celles qui viennent encore ici de temps en temps, espérant quelque billet de ma part. La vérité est que j’ai trouvé une autre tribune et que je n’ai plus de temps pour celle-ci. Je ponds vid sur vid pour urler.tv.

En janvier 2007, au moment d’inaugurer ce blogue en uploadant la photo de Banane-et-la-bouteille-de-gin, je débordais d’idées et d’inspiration, de pensées qui revenaient me spinner dans la tête à intervalles réguliers:  »Moi! Moi! Choisis moi! ». L’idée avait déjà une forme, un début et une fin. Même chose pour les Auteurs du dimanche, une formidable occasion pitchée sur mon chemin par ce charmant personnage, le même qui m’a décerné un prix en forme d’amical bottage de fesses. De la fa-ci-li-té. Ouvrir cerveau, mettre thème, laisser macérer, verser texte dans document. Réciter, espérer que rire, espérer qu’applaudir. Se rasseoir. Boire gin pour calmer vertige. Avoir hâte à la prochaine fois.

Oh, c’est fini ce temps-là, Gerda. Introducing: le néant.

La dernière fois, je m’étais empressée de gratter de la terre sur le problème avec mes pattes arrière en invoquant Facebook, les exigences de la passion et le cynisme existentiel. Tous ces facteurs sont encore aujourd’hui dans mon cas, objectivement, des empêcheurs (dont certains très agréables) de bloguer en rond. Mais le plus gros empêcheur, c’est le fait de n’avoir rien à dire, la tête vide, la Reine de Coeur écrasant de sanglants embryons d’idées sous ses talons, au cri viking de ArkPoch. Comme si toute reconnaissance ne me donnait non pas confiance, mais la cafardeuse certitude de bientôt décevoir. Le deuxième plus gros empêcheur, c’est de n’éprouver qu’une lointaine et nauséeuse désapprobation des évènements désagréables, en lieu et place de l’indignation lyrique, et un abandon proche de la stupeur au ronron du quotidien, tenant lieu de dérive imaginaire.

Impulsion de s’asseoir et de coucher quoi que ce soit sur écran = nulle. Capacité d’automotivation = buisson épineux qui roule par là pendant que ça fait vvijjj dans le background.

J’aimerais m’excuser de négliger ceux et celles qui viennent encore ici de temps en temps, espérant quelque billet de ma part. La vérité est que j’ai trouvé une autre tribune et que je n’ai plus de temps pour celle-ci. J’en suis à mettre la touche finale à mon premier roman.

J’ai l’impression d’avoir échoué. Échoué comme échec et échoué comme épave éventrée sur un récit-F, avec du lichen visqueux sur la tête. Je n’ai pas fracassé le dolmen dont je parlais ici (à l’avant-dernier paragraphe, tapez-vous pas tout ça). Honte sur le gruyère qu’est ma tête.

Bon, là, je me relis, je trouve que j’ai l’air de me prendre au sérieux, je me juge. Je me relis, je trouve que j’ai l’air de me noyer dans mon nombril, je me juge. Je me relis, je trouve que c’est cave de prendre la peine de dire qu’on n’a rien à dire, je me juge. ArkPoch! AAARRKKPPPOOOCCCHHHH!!!

Je sens que je vais devoir émettre des constats désagréables, genre: tu n’as pas d’énergie, tu as la tête vide, tu as des trous de mémoire, ton self-esteem est bas et tu te sacres de toutte. ET on n’est même pas encore en novembre.

J’aimerais m’excuser de négliger ceux et celles qui viennent encore ici de temps en temps, espérant quelque billet de ma part. La vérité est que j’ai trouvé une autre tribune et que je n’ai plus de temps pour celle-ci. Je vais être calife à la place du fucking calife.

h1

Ma génération pisse plus loin que la tienne

22 janvier 2008

Le Journal de Mourial, qui décidemment n’aime pas trop la paix et l’harmonie entre chacun et son voisin, attise cette fois-ci la guerre intergénérationnelle avec un de ses célèbres sondages-choc. Après la guerre des sexes, le clivage ville/régions et le choc des cultures, c’est « ah, que les vieux trouvent donc les jeunes poches et vice-versa ».

Peut-être avez-vous succombé, lecteurs Y, à cette énième manifestation de convergence (Faut nourrir chaque tentacule de la bête! Gloups! Miam! Lignes ouvertes! Débats télévisés! Billets! Articles! Dossiers! Enquêtes! Éditoriaux! Ping-Pong! Échos! Recyclage! Burp!).

Si oui, vous nourrissez sûrement en ce moment de mauvaises pensées pour les enfants du baby boom (1946-1966). Vous grommelez mentalement contre cette génération jouisseuse, gaspilleuse et égoïste (qui se rappelle des clauses orphelin?). Vous pompez.

Quoi, ils ont le front de vous reprocher vos mauvaises manières quand ce sont eux qui vous ont élevé? Ils osent vous faire honte de la piètre qualité de votre français quand ce sont eux qui ont bidouillé une réforme de l’enseignement désastreuse au cri hippie de « fuck l’effort, fuck les règles »? Même si eux-mêmes doivent leur grammaire impeccable à 5 dictées par semaine et à un coup de règle en arrière de la tête, gracieuseté de Soeur Bernadette, quand ils confondaient « trouver » avec « trouvé »? Les sales!

Respirez et retrouvez votre sérénité en visitant ce site.

h1

Et les saints de Marcel Marceau

24 septembre 2007

Je suis là. Bonsoir!

Il n’est pas question de m’excuser de vous négliger parce que ce serait là contrevenir au craint et respecté Dogme de Lauzon. Je vais plutôt, en m’ébrouant un peu sur cette plate-forme poussiéreuse, soumettre à votre vindicte (vous, les quatre lecteurs qu’il me reste) les principales causes de mon mutisme des dernières semaines. Ce sont eux, les écoeurants. Blâmez-les. Pour faciliter votre fureur vengeresse, je les ai placés en ordre croissant de blâme. (C’est mon côté cartésien. Celui qui va prendre le bord bientôt, automne oblige. Profitez-en, les quantités sont limitées.)

Crackbook

Si vous n’êtes pas encore sur Facebook, restez-en loin. C’est de la droye.

Illustration: le mois dernier, quand j’ai découvert une souris dans ma cuisine, après m’être sainement expérimenté comme femelle en poussant les traditionnels cris perçants, je me suis pitchée sur Facebook pour faire état de l’intrusion, avant même de songer à sortir le balai ou à appeler mon concierge. Deux heures sans et je fatigue. Quatre heures sans et je shake.

Oui, cette joyeuse communauté en ligne me mange du temps. Les heures autrefois consacrées à lire l’actualité, y réfléchir, prendre des notes, rêvasser, me perdre sur le web, me laisser entraîner dans des délires que j’avais ensuite le goût (et le temps) de partager, sont maintenant investies à jouer au Boglicious et au Scrabulous (on ne niaise pas avec les marques déposées de Parker Brothers/Hasbro Inc. sur Facebook, les enfants), à wallstalker les fascinants amis d’amis d’amis qui ont la courtoisie ou la naïveté de garder leur profil public, à commenter des photos, à installer des « applications » aussi utiles que le hamster vibratoire et à attendre (1) et parfois même (2) messages le cœur battant.

En plus, je dois dire que le fait de trouver chaque jour quelque petite phrase accrocheuse pour décrire mon état (status, dans le jargon) afin de tenter de divertir mes amis canalise beaucoup de la créativité que je déversais autrefois ici. Le status update, mes amis, c’est le blogging du pauvre.

Le tout pourrait facilement faire l’objet d’un post et peut-être le fera-t-il.

Cynisme

Qu’est-ce que le spasme de bloguer? Quel avantage en retireujeu? Saturne, planète du Doute, caracole devant mon soleil et me remplit de pensées mortifiantes et anti-bloguesques. Futilité. Gaspillage. Fuite. Procrastination. Niaizzzage. Au départ, ma motivation pour tenir ce blogue était de me dérouiller la plume, laquelle était quasi-mortellement atteinte de vert-de-gris à force de ne rédiger que des galettes arides. Six mois plus tard, je considère que le Rust-Ban a fait son oeuvre. Des fois vous êtes d’accord. Commentaires positifs et présence dans des blogolistes huppées m’ont rosi les joues et m’ont fendu la face d’un sourire timide.

(Petite main gantée qui décrit des quarts de cercles sur un axe vertical.)

Toutefois, outre cette petite et flatteuse (péteuse et flat-titted?) reconnaissance, outre votre gentillesse qui me fait toujours plaisir mais à laquelle je me suis accoutumée en vilaine junkie que je suis, je ne peux pas dire que je tire réellement mon marron du jeu (hommage à toi Jacques). Je blogue pour vous, en quelque sorte. Puisque charité bien ordonnée commence par mon nombril, il est où, moi, mon nanane?

Le tout pourrait facilement faire l’objet d’un post et peut-être le fera-t-il.

Cupidon

Allégresse! Magie! Extase! (Avec en bonus, une p’tite danse jubilatoire: checkez ben ça…(…) hein? hein? oh yeah) Un Cupidon tout ce qu’il y a de kosher, avec boucles chatoyantes et minois de chérubin, à cet étrange détail près qu’il portait des bottes de cowboy, m’a présenté un garçon qui m’a happée dans son monde – sluuuuurrpppp – en moins de temps qu’il n’en faut pour chanter «p’tites patates». (Lien omis à la demande du garçon en question, dont la peu modeste phobie est de devenir le nouveau Ghyslain Raza). Depuis, je consacre beaucoup de temps à: me faire flatter les cheveux, rire, m’émerveiller de ne plus me casser la tête pour rien, jouir par l’oreille, fixer le vide, chasser les guêpes, l’admirer, fumer moitié moins, faire le vide, me faire réveiller à 4h50, faire une Di Stasio de moi-même, guérir, apprivoiser l’orient lointain, de pas démontrer mon inaptitude aux sports en général et à la pétanque en particulier, remplir le vide, donner d’inoffensifs coups de pattes, ne pas appeler ma mère (pardon, Moune), avoir mal aux abdos, brainstormer sur tout ce qu’on va créer ensemble, sauter dans le vide et miauler.
.
Et j’avoue que pour l’instant j’ai plus le goût d’en profiter pleinement en personne que d’en témoigner ici. D’autant plus que ça faisait longtemps que je tentais d’appâter cette grue de déesse fugace. Et d’autant plus-plus que, comme vous le savez, m’épancher au sujet de ma vie privée ne fait pas partie de mes habitudes. Shocker: le slogan qui orne l’entête de ce blogue est partiellement un mensonge. N’est vrai que son regard perçant. Le sien au garçon en question, je veux dire. Mon slogan de blogue n’a pas de regard. Suivez, bâtard.

Le tout pourrait facilement faire l’objet d’un post et peut-être le fera-t-il.

***
Sur ce, je m’en vais croquer la Grosse Pomme et après ça je vais rencontrer la belle-famille. Je me tais donc pour au moins une semaine. Que j’en wouèye un chialer.