Archive for the ‘Nostalgie’ Category

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L’adieu au pied des remparts

3 janvier 2015

Chaque tort avoué je l’aurais couvert mains et coeur

Chaque défaut révélé de douceur baigné

Chaque erreur d’excuses assortie pardonnée sur l’heure

Chaque faute admise couverte de baisers

Mais puisque tu persistes à prétendre que ces murailles aveugles sont ton essence

Qu’elles sont taillées dans la pierre de vérité

Que ce roc intransigeant jamais ne prêtera flanc

À mes tendres escalades

Je te laisse à ton château

Où tu abrites si tristement

Ta honte injustifiée

Cette humble manante repart avec sa masse

Pour fracasser les potentiels ennemis de passage

Et s’excuse d’avoir osé en menacer tes murs

Pauvre prince fortifié

Je te laisse à tes douves

Je te laisse à tes tourelles

Je te laisse à tes meurtrières

Je te laisse à tes remparts

Te signalant au passage

L’oubli d’un pont-levis dans tout cet assemblage

Je te souhaite le courage d’éclater un jour toutes ces pierres inutiles

Pour respirer l’air vrai du royaume

Majesté, oh Majesté

J’aurais tant aimé t’aimer

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Sur écoute

23 septembre 2012

I guess I failed

Doux échec

À retenir

Ces sentiments-là

Qui caracolent maintenant au loin

Toutes clôtures sautées

J’imagine que j’ai échoué

Sweet fail

Par trop d’envie de me perdre dans tes yeux bleus verts gris

Et d’embrasser tes mains

Et de plonger, et de plonger

Dans une paisible intimité

Où je suis enfin moi sans peur et sans jugement

Sans rien à cacher

I guess I failed

Doux échec

Ce qui nous laisse mon cœur

Ma belle surprise défriendzonée

Avec un problème, un beau problème

Et aucune envie de le régler

J’imagine que j’ai échoué

Sweet, sweet fail

L’avenir confirmera la défaite

Ou amènera assez de lumière

Pour que novembre batte en retraite

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Déprimé hivernal à genoux, attends ta délivrance

9 décembre 2007

Il fera de nouveau clair passé 17h dans sept semaines.

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Mes oreilles

8 juillet 2007

La case « Musique » est encore vide dans mon profil Facebook. Pas capable de la remplir. Trop compliqué. Il n’y a aucun groupe ni chanteur qui s’impose de lui-même dans ma hiérarchie musicale. Moi j’aime toutte.

Non, non, wo, attend, cancel, abort, nuance, certains trucs m’agressent vraiment : la musique québécoise prémâchée et/ou avec des paroles mauvaises (ce qui constitue la majorité du répertoire québécois, si vous voulez mon avis), la pop trop sirupeuse et les garçons fâchés qui crient.

Cette acceptation quasi-indiscriminée de la chose musicale ne me rend pas pour autant savante. Il y a des genres de musique dont je n’ai jamais entendu parler de ma vie. Je regardais l’autre jour sur Myspace: Acousmatic, Breakcore, Concrete, Ghettotech, Hiphy, J-Pop, K-Pop, Reggaeton, Shoegaze, Zouk… on dirait les noms des drogues qu’on retrouvera dans dix ans.

– Man, tu veux-tu du K-Pop? J’ai du super Shoegaze, aussi…
– Mais t’es ben gochet* de me demander ça devant le nouveau poteau de surveillance policière! Y en a partout, maintenant, tu sais ben! (Pin-pon, pin-pon, pin-pon, pin-pon) Vite, sauve-toi…

* gochet est un synonyme de niaiseux qui aura cours dans 10 ans.

En cherchant à remédier à mon ignorance, je suis tombée sur du Ghettotech / Zouk / Hyphy, ce qui m’a laissée vraiment perplexe, surtout que c’est en fait un gars de quinze ans qui chante a cappella à propos d’une certaine Kim et d’une autre, Catherine, tout en subissant les sarcasmes d’un quelconque Jeffrey. C’est très mauvais, et je sais pas plus c’est quoi du Hyphy.

***
Je suis musicalement l’invitée la plus gentille qui soit. Ou la plus exaspérante qui soit, ça dépend des points de vue:
– Qu’est-ce que ça te tente d’écouter?
– J’sais pas. Qu’est-ce que ça TE tente d’écouter?

Je suis aussi une DJ troublante aux goûts indistincts, je-m’en-foutiste et anarchique, qui ignore tout de l’art distingué de l’enchaînement et du mariage des genres et qui ne bronche même pas quand le randomizer, d’aventure, part une toune de Noël. C’est vous dire.

Sur le bidule tombé du ciel, je me fais des playlists complètement disparates qui horrifieraient les musicooleurs qui partagent mon siège dans la 55 s’ils s’aventuraient à regarder régulièrement mon écran plutôt que mes cuisses.

Jeudi, je m’en suis gossée une pour mener à bien la phase 96 de 100 de l’Opération Switch & Déballe. Seule condition: me mettre un sourire dans la face. Comme je ne pouvais pas changer l’ordre des chansons parce que je n’ai pas itunes à la maison (ha!), c’est D.J. Ordre Alphabétique qui était in the house, yo. Ça donnait ça:

A Little Less Conversation – Elvis
Alcohol Failed Rehab – CSS
Baby got back – Sir Mix a Lot
Buddy Holly – Weezer
Chewing-gum fraise – Numéro avec Omnikron
Cherish – Madonna
Computer Camp Love – Datarock
Don’t cha – The Pussycat Dolls
Eine Kleine Nachtmusik – Mozart
Elephant Love Medley – Ewan McGregor, Nicole Kidman, Jamie Allen
Even Though We Ain’t Got Money (Danny’s Song) – Ann Murray (ce qui m’a fait penser à cette soirée mémorable)
Fanny Ardant et moi – Vincent Delerme
Friday I’m in Love – The Cure
Frontier Psychiatrist – The Avalanches
Goodnight, Goodnight – Hot hot heat
Grand champion – Les trois accords
I Don’t Feel Like Dancin’ – Scissor Sisters
Je t’emmène au vent – Louise Attaque
Le petit pain au chocolat – Joe Dassin
Les rois mages – Sheila
Movie Intro Style – Super Mario Bros
My Doorbell – The White Stripes
Promiscuous Girl – Nelly Furtado avec Timbaland
Rainbow Connection – Me first and the gimme gimmes
Ruby Soho – Rancid
Somebody Told Me – The Killers
The Real Slim Shady – Eminem
You’re the Best Around (Karate Kid Song) – Joe Esposito

Parce que des yeux se posent sur ces lignes, j’ai failli censurer la toune de country et surtout la vieille toune de Louise Attaque dont tout le monde s’est tanné en 1998. (Non, la pop kétaine, je l’assume, merci.) Mais je suis trop intègre pour faire ça, même si j’écris de la fiction à l’occasion.

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Mauvaise joueuse

18 juin 2007

La rédactrice chauve, que je salue cordialement au passage, m’a filé la tag. On parle livres, les enfants. En fait, on était censé parler livres. On en parlera sérieusement une autre fois.

Quatre livres de mon enfance?

Impossible d’isoler quatre livres dans la masse informe et chère à mon coeur de tous les Petite maison dans la prairie, Comtesse de Ségur, Petit Nicolas, Anne, la maison aux pignons verts et autres « Un bon exemple de kekechose, kekun raconté aux enfants».

Je me contenterai de révéler que dans cette collection, où Grolier exploitait vingt ans avant Mac un exquis design blanc minimaliste, Un bon exemple de soif de savoir… Marie Curie racontée aux enfants était mon chouchou. Pardon à Maurice Richard, Louis Pasteur, Helen Keller, Confucius et la gentille madame qui a parti en Angleterre des prisons féminines qu’avaient enfin de l’allure pis les prisonnières elles arrêtaient d’être des souillones échevelées qui se battent en laissant leurs bébés traîner dans les coins pis elles faisaient de la broderie. En chignon, monsieur.

Les dessins des livres de cette collection étaient laids mais servaient admirablement l’histoire. Par exemple, quand un inspecteur russe entrait dans l’école de Marie Curie, on voyait les petites filles cacher en catastrophe leurs livres de polonais étudiés clandestinement. Ensuite (on tournait la page) on les voyait debout, mains dans le dos, le sourire faux et le sourcil tremblant, face à l’occupant à bonnet de fourrure et moustache chromée. Cette image me stressait à chaque fois. Un bon exemple d’hypersensibilité déréglée… Ironica racontée aux enfants.

Quatre livres que j’emporterais sur une île déserte?

En fait, si on y réfléchit bien, si j’avais des livres sur une île déserte, ça serait par pur hasard. Je les aurais sélectionnés dans l’optique de la destination où je me dirigeais quand le bateau a coulé / l’avion a crashé. Donc ils ne constitueraient d’aucune manière de la lecture d’île déserte. Cette question est absurde. Or, vous l’avez peut-être remarqué, j’ai beaucoup de misère avec ça, moi, l’absurde. L’absurde pis l’ironie. Pas capable.

Je ne lirais pas, moi, sur une île déserte. Je tâcherais dans un premier temps de ne pas mourir de faim et de soif. Ensuite, voici ma prédiction. Après quelques mois sans ordi, sans conversation, sans nouvelles, sans repères, sans loisirs, sans amour, sans alcool, sans bonne bouffe, sans espoir, sans sexe, sans changement, sans amis, sans rien pour me ralentir la tête, je pèterais une dépression ou je virerais follepire et un matin, dans une glorieuse aube jaune et rouge, je m’ouvrirais les veines dans la mer avec un coquillage pointu. Attirés par mon hémoglobine d’excellente qualité, les requins viendraient me manger. C’est plus noble comme fin que de me offer sur la plage et d’être picossée par les goélands, je trouve. Pas vous?

Je ne pense pas que traîner sur mon île Dostoïevsky, Nothomb, Vonnegut ou un autre de ces délicieux névrosés que j’affectionne m’aiderait à échapper à ce funeste destin. Au contraire.

Quatre auteurs que je ne lirai probablement plus jamais?

Wo, wo. C’est quoi, cet appel au jugement? Il ne faut jamais dire jamais. Mal prise, dans une salle d’attente, pas d’ipod, j’aime mieux lire de la schnoutz (ça, c’est comme de la schnoutte, mais yiddish) que rien. Sinon je me mets à regarder autour de moi et ça me déprime. En plus, j’ai toujours peur qu’un autre patient essaie d’entamer la conversation malgré mon air soigneusement rébarbatif. Je lis donc tout ce qui traîne sur les tables, renforcant au passage mon système immunitaire: Paulo Coehlo, Clin d’oeil d’octobre 2004, pages roses d’un vieux Larousse, Christiane F. 13 ans droguée prostituée, brochure médicale sur les dangers de la drogue et de la prostitution chez les jeunes.

Quatre livres que je suis en train de lire?

J’ai un préjugé défavorable à l’égard des personnes qui disent lire plusieurs livres en même temps. Mon cul, quatre livres en même temps. Kessé ça? Moi je dis que vous mentez et que vous dites « lire» des livres que vous n’avez pas ouverts depuis trois mois, sous prétexte qu’ils traînent encore sur la table à café. Ramassez-vous, bâtard. Sinon, soit vous avez beaucoup trop de temps libre, auquel cas je vous suggère de vous partir un blogue, soit vous êtes des méchants craqués.

Ça va faire, le clic pis la zapette! Fixez votre esprit! Si vous trouvez ça plate de lire juste un livre – c’est parce qu’il est plate, celui-là. Flushez-le! Osez vous immerger dans un imaginaire à la fois. Arrêtez de vous disperser. Concentrez-vous. Méditez, poppez du Ritalin. Faites edquoi.

OK, nuance, je vous pardonne si vous entrecoupez votre Nietsche de quelque chose de plus digeste. La complexité, l’aridité ou juste le spleen intense qui se dégage d’une oeuvre justifie parfois une certaine aération mentale. Moi, Céline (pas la chanteuse), j’ai dû interrompre son voyage au bout de la très très sombre nuit par deux lumineuses stations de métro Zazie, juste pour ne pas être tentée par le combo coquillage pointu / requins décrit plus haut.

Mais c’est tout ce que je vous consens comme latitude, génération ADD. Un livre pour s’aérer d’un autre. Pas deux, et encore moins trois. Si vous voulez découper plein d’affaires partout pis les recoller pêle-mêle à votre guise, faut faire du scrapbooking, pas de la lecture.

Quatre prochains livres que vous allez lire?

Quatre! Quoi, il faudrait que je me confectionne une AUTRE toudouliste, celle-là avec des livres, et que je la coche? De la tellement schnoutz. Sus à l’épicerie littéraire! Pour l’instant, je termine La Dernière Femme de Jean-Paul Enthoven et je tâche de me remettre de l’angoisse suscitée par les pages 113 et 114. (« Entre un écrivain et sa femme, il n’y a que de mauvaises solutions« , portrait de Francis Scott Fitzgerald et de sa femme Zelda à l’appui). Le prochain livre que je vais lire? C’est pas de veaux à faire. Meuh, je chancelle d’avance.

***
Bon, tout ça me fait penser, faut que je ramène Auster à Eva et Marguerite à Sarcastine. Et la tag? Quoi, la tag? Ben non, je la refile pas, la tag. Fait trop chaud pour courir partout. Je vous tague tous en blanc si vous voulez vous essayer, par contre, lecteurs. J’aime bien qu’on me cause littérature. Vous pouvez remplacer « quatre », par « un », j’aime bien qu’on me cause à échelle humaine, aussi.

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En direct de mes fonds de tiroir II

14 juin 2007

7 avril 2007. À l’écran, les Canadiens achèvent de (nous faire) souffrir pour la saison. Dans le confort du loft mythique, Sarcastine et moi essayons de canalyser notre stress d’abord et notre déception ensuite en gribouillant n’importe quoi ensemble.

Trois contraintes à notre cadavre exquis à découvert. Premièrement un texte d’une page maximum. On veut quand même boire et suivre un peu la débâcle, aussi. Deuxièmement, chacune ne peut à son tour qu’écrire une seule phrase, peu importe les flambées d’inspiration. Troisièmement, c’est Glamour Boy qui devait choisir la première phrase, ce qu’il a fait distraitement, tout au martyre de son équipe:

« Georges était bleu. » (Pourquoi l’imparfait? Pourquoi?)

Sarcastine a tapé la première phrase. Les miennes sont en rose.

(Commentateurs) :

 » – Je pense que Sarcastine domine clairement ce premier match de micropingpong de l’absurde, Roger, on voit qu’elle essaie dès le départ de faire progresser le récit…
– Oui, René, alors qu’Ironica se bucke et tente systématiquement de le faire staller… on note sa première phrase, clairement de mauvaise foi et qui refuse de servir l’action…
– On voit que ça joue du coude aussi avec l’introduction rapide d’un autre personnage…
– Sarcastine a bien joué avec ce « Choupinet » inattendu qui a pris Ironica de court…
– On note aussi la persistance de certains thèmes chez ces joueuses…
– J’allais le dire…
– Devrait-on retourner commenter le match du Canadien, Roger?
« 

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En direct de mes fonds de tiroir

4 juin 2007

Je vous ai déjà parlé d’OctoJelly, un artiste et graffiteur dont on retrouve les designs sur des t-shirts et dans des jeux vidéos, notamment. Pas pire pour un gars de 14 ans. La preuve que je suis vieille : parler de lui (et faire le ménage de ma paperasse) m’a renvoyé à ma propre adolescence. Qu’est-ce que je faisais de créatif, moi, à cet âge-là?

Je gribouillais furieusement. Surtout des choses mièvres que j’ai détruites depuis. J’écoutais en background la musique très inégale de l’époque. Sérieusement, avez-vous jamais vu un tel clash de bon, de nul et de totalement disparu de la mémoire des hommes? Quoi d’autre? Ah oui, j’étais membre d’une équipe d’impro. C’était hot, en 1991, l’impro. Il y avait même une émission de télé qui passait, « Au jeu », ça s’appelait, me semble, avec des jeunes qui improvisaient des sketchs sous mes yeux remplis de la terreur qu’ils se plantent. Quelqu’un s’en rappelle?

Je collaborais aussi au journal étudiant. On publiait des dessins, des lettres d’opinion, des nouvelles plates d’intérêt public. Mais surtout des niaiseries. J’écrivais souvent à 10 mains avec quatre autres gribouilleux en herbe, deux gars et deux filles, lors d’anarchiques et hystériques séances de brainstorm que je serais bien incapable de reproduire dans le contexte actuel et qui, étonnamment, portaient fruit.

Le joli conte que je vous propose aujourd’hui, «Cendrillon moderne», avait été interdit de publication par la direction. Quelle incohérence de leur part, «Jack et le plant de pot magique» était passé comme dans du beurre quelques semaines plus tôt. On avait donc dû photocopier l’histoire (sur le bras du journal) et la vendre clandestinement à la cafétéria dans la plus pure tradition de l’adolescence rebelle et vertueuse combattant l’injustice des méchants adultes. On en avait vendu plein, surtout aux secondaire V et aux trois punks de l’école, créatures studées et endockées toujours sympathiques à la sape de l’autorité et à un occasionnel éclat de rire à la face du No Future. (Oui, seulement trois, je viens d’une région.)

Je vois pas ce qui les avait tant énervés, la direction. À part peut-être quelques références à la fellation, à la nudité, à la zoophilie et à la fornication. C’est sûr que d’un point de vue dialogues, ça crie beaucoup. Peut-être que ça les agressait? Vous en jugerez par vous-même. Je reproduis ici le conte dans toute sa gloire d’origine, références culturelles vintage à l’appui, avec la permission des autres intéressés.

cendrillon-moderne.pdf