Archive for the ‘Souvenirs pénibles’ Category

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L’adieu au pied des remparts

3 janvier 2015

Chaque tort avoué je l’aurais couvert mains et coeur

Chaque défaut révélé de douceur baigné

Chaque erreur d’excuses assortie pardonnée sur l’heure

Chaque faute admise couverte de baisers

Mais puisque tu persistes à prétendre que ces murailles aveugles sont ton essence

Qu’elles sont taillées dans la pierre de vérité

Que ce roc intransigeant jamais ne prêtera flanc

À mes tendres escalades

Je te laisse à ton château

Où tu abrites si tristement

Ta honte injustifiée

Cette humble manante repart avec sa masse

Pour fracasser les potentiels ennemis de passage

Et s’excuse d’avoir osé en menacer tes murs

Pauvre prince fortifié

Je te laisse à tes douves

Je te laisse à tes tourelles

Je te laisse à tes meurtrières

Je te laisse à tes remparts

Te signalant au passage

L’oubli d’un pont-levis dans tout cet assemblage

Je te souhaite le courage d’éclater un jour toutes ces pierres inutiles

Pour respirer l’air vrai du royaume

Majesté, oh Majesté

J’aurais tant aimé t’aimer

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Le Boy

9 janvier 2012

Ma tête a décrété l’arrêt de la folie entre trois charmes cassés à son sourire poli

 

J’en trouverai un moins beau juste pour me tenir chaud

J’ai trouverai un plus vieux car l’amour c’est sérieux

J’en trouverai un à moi, un fiable et stable alpha

Je suis une femme blindée aux visées justes

quoique légèrement de travers

qui a vu, connu, vécu, vaincu

 et croit pragmatiquement au vert

 

Mais mon cœur de 16 ans

Mais mon cœur de 16 ans

Ne sait pas ça, ce soir, ne sait pas ça.

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Toujours le même thème, Saint-Chrême, c’est idem

20 décembre 2007

La diatribe de Jean-François Mercier à l’encontre du service à la clientèle de Bell , dont on fait grand cas sur la planète Blog et dans ma belle utopie bleue et blanche, est certes savoureuse.

Mais elle fait figure de protestation timide comparée à la FUREUR VENGERESSE de ce monsieur non identifié, aux prises avec un modem défectueux de Vidéotron. (Avertissement : baissez le volume si vous êtes au travail !) Que dire? J’admire l’audace de la combinaison « Câlisse de tabarnak de saint-chrême d’hostie » et je suis touchée de la candeur de celui qui croit encore au « Grand Technicien ».

(Merci à Sarcastine.)

***
Pour prévenir une propagation du virus de la désinformation juridique suite à cette avalanche de récriminations sur fond de tintamarre d’objets de culte, j’aimerais rappeler à mes innombrables lecteurs que les compagnies de télécommunications (Bell, Vidéotron, Fido, Rogers, etc.) relèvent du fédéral et que l’Office de la protection du consommateur n’a donc aucune autorité sur eux.

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EDIT Toé, oui toé, ‘ec les barniques pis l’éclair dans le front

20 juillet 2007

Fans d’Harry Potter, restez loin de T-Shirt Hell en ce jour mémorable. Il y a deux ans, ils avaient vendu le punch d’Harry Potter et le Prince de Sang Mêlé, le jour même de sa sortie, avec ce t-shirt. D’un coup qu’ils récidivent…

EDIT Stagiaire Fofolle vient de m’appeler du bureau:

– Je m’excuse de troubler ta journée de congé, on avait comme une petite urgence…
– (moi, inquiète): Quoi?
– On fait un pool pour prédire le prochain Harry Potter. C’est un point par personnage correctement identifié qui meurt et 3 points si tu prédis la fin…le gagnant se mérite un superbe prix d’une valeur de 12,50$.
– (moi, soulagée): Oh. Donne mes prévisions
– Parfait, c’est noté. Tu comprends, on te dérangerait pas pour n’importe quoi, là…
– Non, non, pour des urgences comme ça, c’est correct…

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Moins ano plus anar

1 juillet 2007

Je suis fière de rapporter que je suis de moins en moins menacée d’anorexie. Non, non, je n’ai pas pris vingt-cinq livres.

Je fais plutôt référence au tempérament ano. Vous savez, les anorexiques, souvent des premières de classe, perfectionnistes, control freaks?

Début vingtaine, je fittais le profil. Mais j’ai mis à profit cette sympathique décennie (toi, profite de la moitié qui te reste encore pis arrête de te plaindre!) pour dropper progressivement derrière moi les mauvaises habitudes, tel un Petit Poucet toxique. (Ramassez pas ça, là, les enfants. Hey. Mettez pas ça dans vos bouches!)

Évidemment, je suis encore folle à bien des égards. Mais maintenant je peux au moins célébrer le triomphe de la spontanéité, de la procrastination et de la désorganisation dans ma vie.

Avant, je faisais le ménage une fois par semaine, le vendredi plus précisément.

Maintenant je fais le ménage quand j’attends de la visite. Ou quand je vois des motons de poussière. Pis même là.

Avant, j’étais maniaquement soucieuse de mon sommeil. Je me couchais à heure fixe, surtout si je travaillais le lendemain.

Maintenant j’ai réalisé que je pouvais fonctionner avec quatre heures de sommeil dans le corps. Plus aucune occaze lumineuse ne m’échappe.

Avant, je faisais mon lavage une fois par semaine, le jeudi plus précisément.

Maintenant, je fais encore mon lavage une fois par semaine. J’ai pas beaucoup de linge, voyez-vous. Mais c’est la journée que ça adonne. Et je pars en cavale en oubliant mes brassées dans le sous-sol, au grand dam des anglaises qui se font un point d’honneur d’attendre poliment et haineusement que je vienne les chercher, parce qu’elles détestent leur tour venu que quelqu’un touche à leurs brassières rembourrées turquoise pis à leurs capris gris cheap.

Avant, je me forcais à terminer chaque livre que je commençais. Respect pour l’oeuvre et pour l’oeuvreur.

Maintenant, si un livre m’ennuie, je le flushe sans façon. « Chef d’oeuvre » (koff! koff!) ou pas. Hey, Juliette Pomerleau, je m’excuse, mais c’est plate rare.

Avant, je faisais mon travail avec zèle, peu importe comment je me sentais.

Maintenant je fais mon travail sans zèle et je passe en premier. Et le ravitaillement musical passe en deuxième. Suivi des nouvelles. Enfin, vous voyez le topo.

Avant je déjeunais tout le temps et je préparais le soir mon lunch du lendemain pour chaque maudite journée de travail que la semaine amenait, et elle avait l’habitude d’en amener cinq.

Maintenant j’engraisse les commerçants du Vieux-Montréal, déjà très prospères de leur crémage de touristes, en y achetant mes déjeuners et mes dîners plusieurs fois par semaine.

Avant j’acquittais les factures dès réception comme elles nous prient aimablement de le faire. Je devais avoir un crédit nickel, lequel restait tragiquement sous-utilisé.

Maintenant j’ouvre le bill de Télépole, j’éclate de rire devant le montant ridicule qu’ils me demandent et après vérification je m’aperçois qu’ils ont raison parce que je n’ai rien payé depuis deux mois et demi.

Avant je changeais religieusement de serviette à tous les trois jours.

Maintenant je regarde ma serviette et je lui demande : « Hey, faudrait-tu que je te change, toi? » Si elle répond, je la change.

Avant je n’acceptais aucune invitation de dernière minute. Trop angoissant. Ah non. J’ai l’air du christ; mes jambes sont pas faites. Vite, un prétexte. Une maladie. Un décès. Mon décès.

Maintenant si Glamour Boy m’appelle à minuit moins cinq, je peux être à la SAT quarante-cinq minutes plus tard, top chrono, top shape. Pas top shape? Y a des drinks pour ça. Jaggermeister Full Throttle, je crie ton nom.

Avant je capotais quand un de mes posts restait sans réponse.

Maintenant je m’en fous. Presque.

Avant je contrôlais tout. Maintenant

je

lâche

prise

wheeeeeeee

wheeeeeeee

(FLOUSH)

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Pomme Pomme Girl

21 juin 2007

J’attendais impatiemment la venue d’une nouvelle ère où je ne suis pas prisonnière à domicile, où je n’ai pas à synchroniser mon ipod de la job, où je peux visiter tous les sites que je veux et vérifier les liens externes de mon blogue sans que ça ne court-circuite le fureteur, où les lettres m, c, g, v, le point et l’enter ne disparaissent pas sporadiquement, où youtube ne tressaute pas comme un camé bègue, où ma caméra est reconnue et vidée de son contenu, où uploader un document ou embedder un vidéo ne déclenche pas un message d’erreur, où mon disque dur ne grince pas sinistrement, où je ne suis pas redirigée vers fuckin nykd quand je ne tape pas l’adresse complète du site voulu dans ma barre de navigation, où je peux downloader avec succès tous les logiciels possibles, où les sites technoflashy ne laissent pas mon fureteur perplexe, où je peux réussir à éliminer mes vieux torrents, où je peux vidéochatter avec ma sœur au Maroc et où je peux télécharger tranquillement ma porn sans me farcir de virus par la même occasion. (Et voilà pourquoi, Poute, je ne voulais pas informer toute la famille que je bloguais).

And yet… il y a plus d’une semaine que la grosse boîte trône et traîne sur ma table de cuisine et je ne la déballe pas. Angoisse métaphysique. Plus rien pour me ralentir? J’ai peur que la pomme me croque.

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Les vieux du PQ

8 mai 2007

Et c’est reparti : au cours des prochains jours, les militants péquistes vont déchirer leurs chemises, extrapoler, blâmer, deviser, radoter et me déprimer. Et dans quelques mois ils vont bouffer un autre chef (peut-être une autre), puis un autre…

Pour cette impasse insoluble, je blâme en grande partie les vieux lucides (comme disait Phil, qui est fâché lui aussi) du Parti québécois, ces fomenteurs de discorde, pas toujours capables de décliner gracieusement de répondre quand un micro suspectement brun leur est braqué en pleine face. Puisque parler des vieux bonzes du parti me donne envie de m’exprimer comme le vieux pirate dans Asterix, je blâme plus précisément leur delenda carthago est, le crisse de référendum.

Là-dessus, Boisclair n’était pas assez crinqué, pas assez radical, pas assez déconnecté de la volonté de la population pour eux. Le minant avec des accusations de mollesse et de trahison, toujours faites de façon safe, politiquement correcte et doucereuse, ils n’ont raté aucune occasion de saboter son leadership. Eux, les vertueux, les planqués, toujours là à pousser la souveraineté de l’avant, en dépit du bon sens, à la pousser, à la pousser, quand tout ce qu’il y a devant c’est un mur de briques.

Et on sait tous pourquoi ils poussent avec un tel sentiment d’urgence. Ils sont vieux!

***

De grâce, têtes grises (ou teintes) du PQ, acceptez l’idée que vous serez peut-être six pieds sous terre quand l’indépendance se fera! Voilà, c’est dit. Vous pouvez arrêter de courir partout en criant « indépendance ! » comme si le feu était pogné, sans même appuyer votre cri d’un projet de société, sans même prendre le temps de nous faire rêver autour d’une vision rassembleuse, un gros feu de projets. Oubliez ça, la souveraineté toute nue, toute crue, tout de suite.

Quoi, vous pensiez qu’en 12 ans, même pas une génération, on serait déjà remis de 1995? Un individu peut peut-être s’en remettre, mais une conscience collective, pas vraiment. Non, on n’est pas remis, on n’est pas prêts, on n’est pas là, le contexte non plus. Vous pouvez conséquemment arrêter de critiquer les vôtres quand ils ne vous semblent pas assez hardcore sur cette question: ils sont simplement démocrates. Vous pouvez mettre la pédale douce jusqu’à la prochaine chicane constitutionnelle, quand vous sentirez remonter le dégoût de la population pour le fédéralisme. Pour l’instant, pas de dégoût: en vertu de quelques moves habiles, Harper est bien perçu.

En attendant, sans renoncer à la souveraineté, vous pouvez prendre le temps de proposer autre chose, de mettre l’emphase sur une autre partie de votre plateforme, de nous dire de façon positive, objective, ce que la souveraineté pourrait améliorer dans tel ou tel domaine, de nous proposer une vision qui nous plairait, je sais pas moi. Le Québec Leader Vert. Ce serait bien. Notamment parce que la souveraineté toute crue, toute nue, n’est apparemment plus suffisante en elle-même pour fédérer les horizons disparates qui composent votre parti et pour empêcher les vieux loups de manger les jeunes de la meute.

Et aussi pour vous occuper sainement, à autre chose qu’à vous disputer. Parce que le Québec ne votera pas oui cette année, ni l’an prochain, ni dans deux ans, ni dans trois. À moins d’une remontée spectaculaire du PQ dans les intentions de vote, préalable à tout référendum, assortie d’une gifle monumentale d’Ottawa. Or, Harper n’est pas près de nous l’infliger parce qu’il sait bien que la capricieuse petite nation, encore vaguement sociale-démocrate, pourrait décider de sacrer son camp très vite si, émergeant de sa dépression, elle se choquait assez pour porter son attention vagabonde sur tout ce qui nous sépare désormais du reste du Canada, avec ses guns, avec ses guerres, avec son lobby du pétrole.

Ça non plus, occupés à vous déchirer, vous n’en parlez jamais.