Archive for the ‘Télégonie’ Category

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The Biggest Writer

23 mai 2007

Mon entourage se récrie avec horreur quand je dis que j’aime écouter The Biggest Loser / Qui perd gagne. (Bravo en passant à L’Empire qui avertit l’internaute de ne pas aller visiter le site de l’émission originale s’il ne veut pas connaître le gagnant tout de suite, chose que je viens de faire par mégarde pour votre bénéfice à tous et ça m’écoeure mais que voulez-vous, ce sont les risques du métier. Je suis comme ça, moi, d’un dévouement sans bornes).

Il est vrai que cette émission de téléréalité, qui couronne à la fin de la saison celui qui a perdu le plus de poids, est réalisée avec un rare mauvais goût. Entraîneurs de type Barbie et Ken, animatrice imbuvable, suspense artificiel étiré à son extrême limite, noms des candidats à l’élimination apportés sur des plateaux, frigo qui s’éteint quand un candidat est éliminé, etc.

N’empêche que j’assume totalement ce plaisir coupable. Voir la discipline et la fierté surgir chez un mastodonte plein de plis qui vient de perdre 18 livres en une semaine et qui se voit fondre comme ça, au fil de la saison, de 368 à 212 livres, en peinant comme un malade, passant de gros tas à beau bonhomme, c’est quelque chose. On peut presque guetter l’apparition de l’amour-propre sur son visage de plus en plus joli. Oui, joli. Ils choisissent toujours quelques candidats à la physionomie agréable, qui ont des beaux os, un certain potentiel d’être cutes sous leur graisse. TV, baby.

Cette émission me fait rêver. Oui, oui, rêver. Pensez-y, ces gens-là ne font rien d’autre que bien dormir, bien manger, se reposer, se soustraire à toutes leurs responsabilités professionnelles et familiales, se faire encourager, passer à la télé et s’entraîner comme des fous. Le tout, sous un soleil magnifique, dans un ranch immense et luxueux avec une terrasse où butinent des colibris. (Des colibris, fuck!) Ils accomplissent quelque chose de bon pour eux, qui va changer leur vie et même la prolonger. Ils sont complètement dopés à la sérotonine. À un moment donné, même à travers tout le drama imposé par la télé, ils se mettent à rayonner de façon obscène. Joie, fierté, optimisme.

Je suis jalouse. Pourquoi ils ne font pas The Biggest Writer? Candidat logé, nourri, blanchi, soigné, entraîné, entouré de beauté, soulagé de toute préoccupation matérielle, sevré de toute vilaine habitude. Avec un coach qui lui colle au cul, main de fer, gant de velours, qui lui sacre stratégiquement la paix, aussi, pour qu’il passe de quinze lignes à une page, d’une page à 5, à 25, à 125, à 325.

Le Conseil des arts et des lettres ou, à défaut, le Conglomérat des Éditeurs Opposés à la Médiocrité Vendeuse devrait y réfléchir sérieusement.

À moins que…

À moins que ce ne soit un concept voué à l’échec pour absence de souffrance. Création = souffrance, ah la mythique équation. Peut-être qu’il faut au contraire abandonner les candidats sur une île déserte en pleine saison des pluies, sans argent, sans ordis et sans bouffe, avec 350 bouteilles de scotch et une photo de Bukowski. Et les mettre au défi d’écrire 50 pages par semaine et de se construire une société en même temps.

Évidemment les producteurs de l’émission prendront soin de verser du mercurochrome au vinaigre sur les plaies que les candidats se sont faites en marchant sur des coquillages acérés et de les gaver d’aphrodisiaques, question d’ajouter à la qualité dramatique de l’ensemble, dûmant filmé. Filmé par un crew évidemment bien doté en bouffe et en commodités et peut-être corruptible, c’est pour ça que je leur enlèverais leur argent, aux candidats.

Non, pas de triche, j’y tiens. Ils leur feront des pipes, aux gars du crew, s’ils veulent de la bouffe après en avoir cherché vainement pendant quatre heures parce qu’ils ne peuvent se résoudre à manger des oeufs de tortue (crus, parce qu’il pleut trop pour faire du feu). C’est meilleur pour l’inspiration.

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Joyeuses Pâques

8 avril 2007

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Aux partisans déçus. Aux geeks. Aux autres, aussi.

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Délivrez-moi, quelqu’un

5 avril 2007

Tag-toune-dans-la-tête, tous? Je vous refile celle-là qui me colle au cerveau depuis lundi (vous savez pourquoi) et vous répliquez en m’en inoculant une autre, n’importe laquelle. Merci.

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Du baume sur Hérouxville

18 mars 2007

Samedi, une collègue et moi tenions kiosque au Salon des générations.

– Le Salon Dégénération, comme la toune? ont interrogé mes amis, prêts à croire aux concepts les plus étranges quand ils sortent de ma bouche.

Non. Des générations. Mais à bien y penser… Oui, de la dégénérescence en premier lieu, mais également de la dégénération. Celle de la proverbiale p’tite gêne et de la rectitude du discours, par exemple. Merci, Plaisirs Démagogiques.

J’ai dû me taper plusieurs néoadéquistes aux yeux toujours trop brillants ou trop ternes. Des gens à qui j’en veux mortellement de venir m’infliger, alors que je ne suis pas en position de les envoyer ch… paître, des phrases comme:

-Pis j’espère que Mario Dumont y rentre pis qu’y accueille les immigrés avec un papier qui dit: « icitte, c’est de même que ça se passe pis si vous êtes pas contents, r’en allez-vous chez vous ».

Ouf. Ce laid et agrammatical discours du Moi et l’Autre et du Nous et Eux, évocateur de pays où on songe à créer des hôpitaux séparés et où on abat des réalisateurs en pleine rue.

C’est ça que vous voulez? Alors enclenchez la ghettoïsation, question que tout le monde se radicalise dans son coin. Une idée comme ça: empêchez donc nos filles de jouer au soccer ensemble.

***

Heureusement, de retour chez moi, j’ai deux antidotes. Trois, si je compte le fait que Sarcastine et moi allons nous éclater en compagnie du sympathique Réal Somatique. À qui je dois 40$, au fait. (Blogue = tribune, laboratoire ET bloc-notes.)

D’abord, ce reportage où Achille Michaud interroge les « communautés culturelles » sur les enjeux de la présente campagne. Dix-huit minutes de baume sur Hérouxville. Je suis l’autre et nous c’est eux. Le casting idyllique fait un peu « It’s a small world after all« , c’est là mon seul minuscule reproche.

Ensuite, sur un sujet connexe – les excès de la chasse aux racistes, parce qu’il y en a – mon Tonton Grognon préféré fait des constats tristes mais étrangement apaisants au sujet de cette autre peau de banane de la campagne, Boisclair et les yeux bridés. À l’aide d’une de ses inimitables salves de gros bon sens. Extrait pertinent via ce blogue.

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Recyclage et débat

13 mars 2007

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Dès que quelque chose marche fort, on le récupère, on le recycle, on le galvaude à des fins plus ou moins honorables. Ainsi en est-il, malheureusement, de mes biens-aimés Invincibles.

D’abord, en fin de semaine, cette décevante soirée avec les Invincibles comme DJs invités où Glamour Boy et moi avons fini nos drinks dans un temps record pour pouvoir partir. (Bon, je l’avoue, départ précipité ou pas, nous avons tendance à finir nos drinks dans un temps record. N’empêche…).

Remarque, je serais peut-être restée avoir su qu’il y aurait des cds en chocolat. Côté musique, je m’attendais à entendre ceci, j’ai plutôt eu droit à ça, ça et le comble, ça. Comprenez-moi bien, je n’ai rien à priori contre l’idée de faire ça par en-arrière pour pouvoir regarder les X-Files en même temps comme le propose la chanson. Mais depuis 1999, j’ai eu le temps d’évoluer. D’actualiser le discours. D’opter peut-être pour faire ça en amazone (en angle avec la tévé, logiquement) en écoutant Nip/Tuck. Bref, d’en revenir.

C’est pas que c’est mauvais, c’est pas que j’aime pas ça, c’est que quand j’ai le goût d’entendre ça, je sors avec Banquier Débonnaire, Biologiste Pétillante et le reste de la gang dans un bar de ma région natale, la veille du Jour de l’An. J’ai ainsi droit en prime à « Stairway to Heaven » et au « Reel du Diable » dans le mix et c’est en toute connaissance de cause et en public averti que je peux swigner la bacaise, que ce soit dans le fond de la boîte à bois ou dans tout autre endroit qui sied à son teint sain et frais de personne non exposée à la pollution urbaine.

Samedi, ce clash de mes deux univers m’a troublée, comme si j’avais vu la croix d’une certaine montagne surgir par le trou d’un certain rocher. C’est pas naturel.

***
Autre récupération douteuse, Richard Legendre backé par son neveu, un Invincible, devinez lequel, qui encourage les djeunes à voter dans un vidéo full cool…kkc*? Remarquez, probablement plus efficace comme pub électorale que Sophie Faucher qui lit à haute voix des extraits de la biographie du candidat à Infoman, en contenant à grand peine son hilarité. (Ah zut, je voulais des images…)

Que dois-je en retenir? J’ai besoin d’être moins puriste et plus pragmatique, genre faut ben faire bouillir la marmite pis encourager sa famille? Est-ce leur façon de nous dire à leur tour « Get a life, people, it’s just a tv show?”.

***
Je dis ça, je dis ça mais dans le fond, vous le savez ce qui me tourmente.

Rémi qui trahit Steve, P.-A. qui rejette Carlos, Carlos qui traite Steve de tapette et Steve qui lui crisse un coup de poing. Enweye, Rogers. Achève-moi. « Est-ce la fin des Invincibles »? Gneuh…

Ah oui ça pis le débat. Le maudit débat. J’ai hâte de voir comment les deux Donkey Kongs vont se déchaîner contre Super Mario. J’ai besoin de le voir se faire balancer quelque barils en pleine tronche. Mais il saute tellement bien, le p’tit maudit.

Boisclair, en passant, nuit à la beauté de ma métaphore nintendoriginelle. Si Pauline Marois était chef du PQ, on aurait eu droit ce soir à Donkey Kong, Super Mario et la Princesse Pauline, au grand bonheur des gamers nostalgiques.

* kkc = « Koss k’el criss? » = « wtf », v.f. Néologisme. Par encore approuvé par l’OQLF, mais j’ai bon espoir.

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Scoop électoral fumant

6 mars 2007

Cowboy Populaire a lancé un appel aux scoops électoraux en forme de défi  (voire, de psychologie inversée) et, comme il fait la pluie et le beau temps, ce type, la Planète Blog a répondu « présente ». Avec plus (oui, surtout plus) ou moins (oui, parfois moins) de dérision.

Ha ha! Enfin! Je vais pouvoir me mériter moi aussi les louanges éblouies de la galaxie! En effet, ma propre Boss Magnanime a déjà succédé à Mario Dumont comme locataire dans la Petite-Italie. Attendez que je lui flanque mon micro sous le nez en haletant d’excitation :

– Alors ?!!
– Alors rien. C’était propre, propre, propre. Impeccable. La chose la plus compromettante que j’ai trouvée c’est un tee de golf.

Dans le plus grand respect de l’éthique journalistique et du deux-côtés-de-la-médaille, je ne vais pas vous pré-mâchouiller la conclusion que vous devez tirer de cette révélation fracassante. Je laisse le tout à votre interprétation (qui, parions-le, oscille entre deux faces plutôt qu’entre deux pôles quand il est question de ce dividu).

Soit Mario Dumont est un être hygiénique, responsable, respectueux et consciencieux qui entretient des loisirs innocents comme le golf. Soit c’est un type louche qui cache l’étendue de ses forfaits en scrubbant tout à l’eau de Javel la veille de son déménagement comme le ferait le freak à Orson dans Desperate Housewives.

Et le tee? Allume, le sucker : golf = balles de golf = scandale des commandites. C.Q.F.D.

Pour soumettre ma candidature au prix Judith-Jasmin, cliquez ici.

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Rides, cafouillages et paillettes

26 février 2007

Plein de gens de mon entourage n’aiment pas écouter les Oscars. Ils trouvent que c’est un gros évènement clinquant, artificiel.

C’est vrai, mais c’est aussi bien autre chose. (Que de nuance, Ironica!)

Évidemment, les pré-Oscars ne sont que courbettes et inepties sur fond de tapis rouge. Par contre, pendant la cérémonie, on réussit souvent à échapper au règne des relationnistes et des images photoshoppées. Le stress, l’excitation, la pression et la contrainte du direct réussissent à faire surgir la figure radieuse et imparfaite de l’humain entre deux rouages de la machine bien huilée. Témoins:

  • Helen Mirren qui, dans son énervement, traîne sa sacoche sur la scène et perd une boucle d’oreille;
  • Jennifer Hudson qui termine ses remerciements en queue de poisson, fait deux pas et revient au micro crier un dernier nom par-dessus la musique;
  • Jaden Smith qui lit au télésouffleur la phrase destinée aux prochains présentateurs (et en rit avec un aplomb de vieux pro, le bien-élevé petit coeur);
  • Clint Eastwood qui lit tout croche, les yeux encore plus plissés que d’habitude (si c’est possible) et qui finit par dire « I should have brought my glasses » (également par-dessus la musique);
  • Martin Scorsese qui tue dans l’oeuf, à coups de « thank you » émus, maladroits et impératifs, l’ovation monstre qui se préparait pour son premier Oscar.

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Les Oscars me culpabilisent toujours en me rappelant tous les bons films que je n’ai pas vus parce que je leur préfère la télé, la lecture, l’écriture, mes amis, mes amants et ce blogue. Last King of Scotland, le Labyrinthe de Pan, West Bank Story, The Departed… mais comme on dit, la mère des fins de semaine pluvieuses et vedges n’est pas morte. Et je suis due pour un amoureux cinéphile.

***

Mon segment préféré des Oscars est sans contredit le montage-hommage aux disparus de l’année. C’est mon côté gothique. Hier, je ne connaissais que Philippe Noiret et Robert Altman.

Mais cette ignorance est appelée à disparaître tranquillement. J’ai réalisé que chaque année allait m’apporter de plus en plus de pincements au coeur, encaissés plus tôt dans l’année mais ravivés au gré des images.  Je voyais bien hier comment les flots de la vie avaient usé certaines figures de proue:  Clint.  Jack. Catherine Deneuve.

Je vous le dis tout de suite, l’année où on va voir la bouille tordue de Woody pendant ce segment-là, ne comptez pas sur moi pour gloser sur les Oscars le lendemain.