Archive for the ‘Triomphes et exploits’ Category

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Typo, Éco, Bravo.

19 juillet 2007

Typolution d’Olivier Beaudoin (Kalomnie Design) s’est mérité, sans tambours ni trompettes, la première place à l’Éco-Design 2007 à Saint-Petersbourg en mai dernier.

Piquante incongruité (due à la nature du concours), ce petit film d’animation charmant et hyper-clean a été conçu entièrement avec des signes typographiques comme: . ) ! 8 C 0 ? , (

(Avouez que vous êtes troublés quand j’ai l’air de ponctuer tout croche comme ça.)

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Un bilan dont vous êtes le héros

16 juillet 2007

Aujourd’hui c’est le 16 juillet. J’ai mesuré ce jour. Dix pieds et 3/4, il fait. Trois mètres 28. Ce jour est un grand jour.

Ça fait six mois que je blogue.

Ce « POP – Pschhhhhhh » que vous venez d’entendre est une gracieuseté de La Veuve Cliquot. Non, mais, on est p’têt pas technoflashy, icitte, on se contente p’têt humblement d’un design gratuit de WordPress, on se gosse p’têt ben une entête à la main ‘ec un vieux toutou pis une bouteille de gin, mais on sait vivre. Tendez votre verre. Come on, pas de chichis. C’est du virtuel: alcooliques anonymes, femmes enceintes ou qui allaitent, pilotes automobiles, chirurgiens en train d’opérer, vous et moi à’ job, tout le monde peut boire.

Santé! Cheers! Salud! Prost!

Maintenant, si vous voulez bien diriger votre attention vers moi et loin du buffet: j’ai besoin de votre avis. Oui m’ssieurs dames. Le rouge aux joues, l’œil flou, la voix forte et l’humeur badine – voire, affectueuse – à cause du champagne, je fais de nouveau le pari du billet interractif.

J’aimerais recueillir vos préférences au sujet de cette drôle de tribune que je me suis octroyée par un soir trop froid et trop noir. Je suis une vraie démocrate à tous les six mois et un tyran sans merci le reste du temps. Alors profitez-en, avec toute votre joyeuse désinhibition due aux bulles. Chers convives, ma question est la suivante:

Qu’est-ce que vous préférez comme type d’élucubrations sur ce blogue?

Aimez-vous mieux:

Quand je vous envoie jouer dans d’autres plate-bandes?

Quand j’explore le monde fascinant du touttechno?

Quand je dissèque l’actualité à l’aide d’un bistouri nouveau genre qui porte la marque de lubies diverses?

Quand je commets de la fiction (ou des accès de réalité shinée et revampée)?

Quand je sonde les passionnantes profondeurs de mon ravissant nombril?

Quand je pars à déconner like there is no tomorrow?

Quand je critique les innombrables évènements mondains auxquels je m’invite?

Quand je partage d’autres trucs brefs inclassables?

Quand je forme ma djeule?

***
Merci de vot’vote. J’ai bien hâte de voir. Et je suis contente de ne pas être obligée de vous tordre un bras et de vous culpabiliser en évoquant tous les habitants de l’Arabie Saoudite, de la Corée du Nord et de l’Ouzbékistan qui aimeraient tant se prononcer au sujet d’un si beau blogue mais qui ne peuvent pas, hélas.

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Moins ano plus anar

1 juillet 2007

Je suis fière de rapporter que je suis de moins en moins menacée d’anorexie. Non, non, je n’ai pas pris vingt-cinq livres.

Je fais plutôt référence au tempérament ano. Vous savez, les anorexiques, souvent des premières de classe, perfectionnistes, control freaks?

Début vingtaine, je fittais le profil. Mais j’ai mis à profit cette sympathique décennie (toi, profite de la moitié qui te reste encore pis arrête de te plaindre!) pour dropper progressivement derrière moi les mauvaises habitudes, tel un Petit Poucet toxique. (Ramassez pas ça, là, les enfants. Hey. Mettez pas ça dans vos bouches!)

Évidemment, je suis encore folle à bien des égards. Mais maintenant je peux au moins célébrer le triomphe de la spontanéité, de la procrastination et de la désorganisation dans ma vie.

Avant, je faisais le ménage une fois par semaine, le vendredi plus précisément.

Maintenant je fais le ménage quand j’attends de la visite. Ou quand je vois des motons de poussière. Pis même là.

Avant, j’étais maniaquement soucieuse de mon sommeil. Je me couchais à heure fixe, surtout si je travaillais le lendemain.

Maintenant j’ai réalisé que je pouvais fonctionner avec quatre heures de sommeil dans le corps. Plus aucune occaze lumineuse ne m’échappe.

Avant, je faisais mon lavage une fois par semaine, le jeudi plus précisément.

Maintenant, je fais encore mon lavage une fois par semaine. J’ai pas beaucoup de linge, voyez-vous. Mais c’est la journée que ça adonne. Et je pars en cavale en oubliant mes brassées dans le sous-sol, au grand dam des anglaises qui se font un point d’honneur d’attendre poliment et haineusement que je vienne les chercher, parce qu’elles détestent leur tour venu que quelqu’un touche à leurs brassières rembourrées turquoise pis à leurs capris gris cheap.

Avant, je me forcais à terminer chaque livre que je commençais. Respect pour l’oeuvre et pour l’oeuvreur.

Maintenant, si un livre m’ennuie, je le flushe sans façon. « Chef d’oeuvre » (koff! koff!) ou pas. Hey, Juliette Pomerleau, je m’excuse, mais c’est plate rare.

Avant, je faisais mon travail avec zèle, peu importe comment je me sentais.

Maintenant je fais mon travail sans zèle et je passe en premier. Et le ravitaillement musical passe en deuxième. Suivi des nouvelles. Enfin, vous voyez le topo.

Avant je déjeunais tout le temps et je préparais le soir mon lunch du lendemain pour chaque maudite journée de travail que la semaine amenait, et elle avait l’habitude d’en amener cinq.

Maintenant j’engraisse les commerçants du Vieux-Montréal, déjà très prospères de leur crémage de touristes, en y achetant mes déjeuners et mes dîners plusieurs fois par semaine.

Avant j’acquittais les factures dès réception comme elles nous prient aimablement de le faire. Je devais avoir un crédit nickel, lequel restait tragiquement sous-utilisé.

Maintenant j’ouvre le bill de Télépole, j’éclate de rire devant le montant ridicule qu’ils me demandent et après vérification je m’aperçois qu’ils ont raison parce que je n’ai rien payé depuis deux mois et demi.

Avant je changeais religieusement de serviette à tous les trois jours.

Maintenant je regarde ma serviette et je lui demande : « Hey, faudrait-tu que je te change, toi? » Si elle répond, je la change.

Avant je n’acceptais aucune invitation de dernière minute. Trop angoissant. Ah non. J’ai l’air du christ; mes jambes sont pas faites. Vite, un prétexte. Une maladie. Un décès. Mon décès.

Maintenant si Glamour Boy m’appelle à minuit moins cinq, je peux être à la SAT quarante-cinq minutes plus tard, top chrono, top shape. Pas top shape? Y a des drinks pour ça. Jaggermeister Full Throttle, je crie ton nom.

Avant je capotais quand un de mes posts restait sans réponse.

Maintenant je m’en fous. Presque.

Avant je contrôlais tout. Maintenant

je

lâche

prise

wheeeeeeee

wheeeeeeee

(FLOUSH)

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L’été c’est fait pour jouer

2 juin 2007

C’est fini pour moi le 9 à 5 glauque, le 35 heures gris, cet horaire rigide et tristounet! Yéééééééééééé!

Tout l’été, tout l’été, j’aurai congé les vendredis. Tout l’été, tout l’été, je travaillerai de chez moi les mercredis (Avez-vous dit « lunch de quatre heures »?).

C’est sûr que pour occuper judicieusement les heures soustraites au Kapital, je pourrais me lancer dans la confection fébrile de toudoulistes et les cocher frénétiquement pour dompter ma fièvre du ménage, du shopping, de la réno, de la technologie et de l’écriture.

C’est sûr.

Pourtant, j’ai l’impression que ça va finir comme aujourd’hui: improductivité assumée, soleil (y en a eu un peu!), rires, brosse, bouffe et joie.

(Les intéressés, voisins ou non, amis aux allées et venues discrétionnaires et autres foutus bloglandeurs, savent comment me joindre.)

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Ma vie par terre

27 mai 2007

Je fais le ménage de mes papiers. J’ai vidé mes tiroirs. Sur le sol gît un nombre impressionnant de machines à remonter dans le temps. Des lettres (oui, les djeunes, un mode de communication peu écolo qui sévissait au millénaire dernier) des années 80, des cartes de la Saint-Valentin d’amoureux presque oubliés, des talons de paie d’employeurs si anciens qu’ils ne sont même plus dans mon c.v., des photos de moi il y a onze ans, des flyers de partys de cégep, des factures de vêtements que j’ai donnés, des faire-parts de mariage de couples divorcés, des poèmes (!) écrits en secondaire II, des menus de restaurants qui n’existent plus, des T-4 de 1997, des journaux intimes d’avant ma puberté.

Je fais le ménage de mes papiers et donc, accessoirement, de ma vie. Tout à l’heure, je suis descendue crisser au recyclage vingt-huit livres périmés d’une discipline austère, bourreau de mes pensées fleuries, cauchemar du Neurone Pas Fiable, choisie par défaut et par dépit, parce qu’à 18 ans j’étais trop chicken pour me mesurer à mon rêve mais que je ne savais foutrement pas quoi faire d’autre de ma vie.

Kin vous deux, l’indécision et la lâcheté! Boum, boum, enweye au fond du gros bac vert à roulettes, sous l’oeil intrigué du concierge. Ça m’a fait du bien, vous savez pas comment.

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Histoire de mouette

21 avril 2007

J’ai commis hier soir quelques excès avec Sarcastine. Musicaux, entre autres. L’excès appelle inévitablement l’excès, le country mène forcément à ce bien-aimé berger allemand que j’aime encore voir courir dans le talus avec les oreilles rabattues, malgré la fantaisie grammaticale des paroles « mets ton chapeau, t’inquiètes de rien et pis t’en viens». Le talus mène logiquement à ceci et, d’associations louches en dérives neuronales diverses (campagne, appel de la route, nostalgie), survient immanquablement le constat que la fuite ne mène peut-être nulle part mais que la 132 mène loin.

Orient lointain épargné par la marée brune, here we come. Vous avez bien raison, ma chérie. Inopiné est un joli mot.

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Vimy, vu par Lucy Maud

9 avril 2007

«(…) Eh bien, voilà que tous nos hommes sont partis, Jem, Walter, Shirley, Jerry et Carl. Et on n’a pas été obligés de leur forcer la main. On a donc le droit de se sentir fier. Mais il va sans dire que la fierté est pas une compagne très chaleureuse», conclut Susan en soupirant amèrement.

La lune se cacha derrière un nuage noir, à l’ouest, et cette éclipse soudaine plongea le Glen dans l’ombre. Pendant ce temps-là, à des milliers de miles, les soldats canadiens, vivants et morts, libéraient Vimy. Vimy est un nom inscrit en lettres rouges et or dans les annales canadiennes de la Première Guerre mondiale. «Les Britanniques et les Français étaient incapables de prendre Vimy, confia un prisonnier allemand à ceux qui l’avaient capturé, mais vous, les Canadiens, êtes tellement fous que vous ignorez quand un endroit est imprenable».

C’est ainsi que les «fous» prirent la ville et en payèrent le prix.

L.M. Montgomery, Rilla d’Ingleside, 1920.