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L’adieu au pied des remparts

3 janvier 2015

Chaque tort avoué je l’aurais couvert mains et coeur

Chaque défaut révélé de douceur baigné

Chaque erreur d’excuses assortie pardonnée sur l’heure

Chaque faute admise couverte de baisers

Mais puisque tu persistes à prétendre que ces murailles aveugles sont ton essence

Qu’elles sont taillées dans la pierre de vérité

Que ce roc intransigeant jamais ne prêtera flanc

À mes tendres escalades

Je te laisse à ton château

Où tu abrites si tristement

Ta honte injustifiée

Cette humble manante repart avec sa masse

Pour fracasser les potentiels ennemis de passage

Et s’excuse d’avoir osé en menacer tes murs

Pauvre prince fortifié

Je te laisse à tes douves

Je te laisse à tes tourelles

Je te laisse à tes meurtrières

Je te laisse à tes remparts

Te signalant au passage

L’oubli d’un pont-levis dans tout cet assemblage

Je te souhaite le courage d’éclater un jour toutes ces pierres inutiles

Pour respirer l’air vrai du royaume

Majesté, oh Majesté

J’aurais tant aimé t’aimer

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Sur écoute

23 septembre 2012

I guess I failed

Doux échec

À retenir

Ces sentiments-là

Qui caracolent maintenant au loin

Toutes clôtures sautées

J’imagine que j’ai échoué

Sweet fail

Par trop d’envie de me perdre dans tes yeux bleus verts gris

Et d’embrasser tes mains

Et de plonger, et de plonger

Dans une paisible intimité

Où je suis enfin moi sans peur et sans jugement

Sans rien à cacher

I guess I failed

Doux échec

Ce qui nous laisse mon cœur

Ma belle surprise défriendzonée

Avec un problème, un beau problème

Et aucune envie de le régler

J’imagine que j’ai échoué

Sweet, sweet fail

L’avenir confirmera la défaite

Ou amènera assez de lumière

Pour que novembre batte en retraite

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Conversation de cadre de porte

8 février 2012

tempête électrique entre nos corps décemment espacés

protégés bras croisés

qu’importe

ce ne sont que supports graciles pour cerveaux suractifs

se parlant sur la pointe des mots

et le moindre « you and I » envoie des salves de papillons

en territoire. hostie. il.

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Le Boy

9 janvier 2012

Ma tête a décrété l’arrêt de la folie entre trois charmes cassés à son sourire poli

 

J’en trouverai un moins beau juste pour me tenir chaud

J’ai trouverai un plus vieux car l’amour c’est sérieux

J’en trouverai un à moi, un fiable et stable alpha

Je suis une femme blindée aux visées justes

quoique légèrement de travers

qui a vu, connu, vécu, vaincu

 et croit pragmatiquement au vert

 

Mais mon cœur de 16 ans

Mais mon cœur de 16 ans

Ne sait pas ça, ce soir, ne sait pas ça.

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Sainte-Flanelle

12 avril 2009

Texte présenté au Cabaret des auteurs du dimanche le 12 avril 2009. Soirée spéciale « Sainte-Flanelle ».

M. Bob Gainey
Directeur gérant, vice-président exécutif et entraîneur par intérim
Club de hockey le Canadien

M. Gainey,

Je vous écris en espérant m’adresser cette fois-ci à la bonne personne. Le gardien de sécurité du centre Bell est un être taciturne et remarquablement peu doué pour répondre à ceux et celles qui osent l’arracher à son petit écran et à son sac de Doritos. Conséquemment, j’ai déjà perdu un temps précieux à essayer de contacter le commissaire Bettman, ainsi que ce type bien rasé qui, aux dernières nouvelles, est encore propriétaire de votre équipe, du moins jusqu’à ce qu’il la vende à un magnat chinois du porno, ou à Guy Laliberté, ce qui revient un peu au même. Lasse de ces délais indûs, j’ose croire que vous serez en mesure de répondre favorablement à la demande grave et pressante qui me pousse à vous écrire aujourd’hui.

M Gainey, je voudrais aposthasier.

C’est un mot compliqué pour un natif de Peterborough, je l’admets. Laissez-moi préciser ma pensée. M. Gainey, je désire renoncer formellement à ma foi dans la Ste-Flanelle et être dorénavant considérée officiellement comme une athée du Bleu Blanc Rouge. Oui, vous m’avez bien lue.

Je tiens à préciser, M. Gainey, que je ne suis pas, comme vous pourriez le penser, une croyante déçue, éprouvée dans sa foi par vos déboires des dernières années. Non. Je suis plutôt une authentique non-croyante, incapable de feindre plus longtemps un quelconque sentiment d’appartenance. Si vous voulez bien vous donner la peine de consulter les griefs énumérés ci-après, M. Gainey, je suis sûre que vous n’aurez pas d’objection à me délivrer des souffrances morales dans lesquelles me maintient mon appartenance forcée à votre Église.

Grief numéro un : absence de consentement éclairé

Je viens d’une famille de croyants, je dirais même de fanatiques, qui ne m’ont aucunement consultée avant de m’imposer leur croyance dans le Tricolore tout-puissant. À un âge où on n’aspire encore à rien, sauf à ne pas avaler trop de poils de chats en se traînant à quatre pattes, j’ai été baptisée contre mon gré dans le champagne frette d’un ancien bol à salade en argent massif conquis de haute lutte contre les Bruins de Boston. Par la suite, vos étranges et incompréhensibles rituels m’ayant été présentés comme seuls acceptables pour souder mon appartenance au clan, je n’ai jamais eu la lucidité nécessaire pour saisir la portée des autres sacrements qui m’ont été administrés, comme ma première communion forcée en 1986 contre les Flames de Calgary, et ma soi-disant « confirmation » de 1993 contre les Kings de Los Angeles.

Grief numéro deux : atteinte à la qualité de vie

M. Gainey, je ne saurais vous décrire ma frustration de devoir renoncer à mes passe-temps habituels dès qu’une de vos messes est célébrée. Déjà que le jingle obsédant de la Soirée du hockey cause l’insomnie en collant au cerveau telles les jokes de sacoches à Brian O’Byrne, il faut en plus renoncer à se détendre! Impossible de lire avec les clameurs néandhertaliennes qui accompagnent les moindres soubresauts d’un boutte de caoutchouc trop petit pour qu’on le voie, du moins sur ma modeste télé 13 pouces non HD. De plus, il est difficile d’écouter un film tranquillement quand les sirènes se mettent à retentir et les hélicoptères à sillonner mon quartier du centre-ville parce que certains de vos fidèles, crinqués, ont décidé de manifester plus bruyamment que d’habitude leur joie de ne pas encore s’est fait sortir des séries, semant la terreur chez les non-croyants et la prospérité chez Lebeau Vitres d’Auto.

Cette atteinte à ma quiétude ne date pas d’hier. Déjà, à dix ans, sous prétexte d’obéir à votre culte, on m’a souvent arrachée, éperdue et en larmes, du téléviseur devant lequel je ne demandais rien d’autre que d’écouter en paix Anne, la Maison aux Pignons Verts. Je n’ai d’ailleurs jamais compris la pertinence de ce sacrifice, le détail de ses charmantes aventures n’étant pas disponible dans n’importe quel journal le lendemain, contrairement à celui de vos rites fastidieux.

Grief numéro trois : atteinte aux rapports interpersonnels

Souhaitant échapper à la lourdeur de votre dogme, M. Gainey, j’ai recherché l’amitié de gringalets snobs et de nerds soudés à leurs Mac en permanence. J’ai dû finir par m’avouer vaincue, constatant que même les bourgeois finis à grosses lunettes plongés dans du Michel Foucault à longueur de journée succombaient dès que votre cloche retentissait dans le clocher. Je ne saurais vous décrire, M. Gainey, l’ampleur de mon sentiment de trahison, surtout lorsque celle-ci survenait chez moi, quand une faiblesse coupable et un bête esprit de troupeau m’avaient fait synthoniser votre lithurgie. Sourds aux relations humaines, vos conformistes fidèles n’en avaient que pour les commentaires de vos curés. Lorsqu’on annonce à des amis que l’on croit proches qu’on a profité d’un programme gouvernemental pour dépister et avorter un enfant trisomique, il est toujours pénible de se faire « choucher ».

Grief numéro quatre : atteinte à la dignité d’un artiste

Oui, M. Gainey, un artiste. Pour être franche avec vous, mes déboires de conscience ont commencé quand votre Église a laissé Jean Perron, cet artiste dada extraordinaire, pataphysicien dans la droite ligne de Raymond Queneau, auteur de fusions métaphoriques que ne risquerait même pas Boris Vian, se débrouiller seul avec ses détracteurs. Le fait qu’il ait dû payer de sa poche une poursuite pour faire taire ceux qui se moquent de sa façon avant-gardiste et exquise de s’exprimer m’a laissé un goût amer, M. Gainey.

Grief numéro cinq : tactiques de marketing subliminal

Karakas, King, Kaiser, Kitchen, Kurvers, Kordic, Keane, Kjellberg, Kiprussof, Kuntar, Kovalenko, Koivu, Komisarek, Kovalev, Kostopoulos, Kostitsyn, Kostitsyn.

M. Gainey, vous direz aux intérêts alimentaires douteux qui tirent les ficelles dans l’ombre qu’il en faut plus que ça pour me pousser inconsciemment à acheter des spécial K et des Krispy Kremes.

Grief numéro six : atteinte à l’esthétisme

Finalement, M. Gainey, votre ramassis de Slaves à gueules de brutes heurtent régulièrement mes goûts délicats et font aussi peu de cas de mon idéal de beauté que Brian O’Byrne de l’appartenance du filet dans lequel il tire. Déjà que votre logo ressemble à un bol de toilette avec une coche au boutte, il me semble que vous ne devriez pas en rajouter. Il est temps de sévir, M. Gainey, contre les moustaches clairsemées, les coupes Longueil, et dans certains cas, les visages de vos joueurs.

Pour toutes ces raisons, monsieur Gainey, je désire aujourd’hui déchirer mon fanion, quitte à être ostracisée par les trois quarts de la province. Je me suis symboliquement servi pour affranchir cette lettre de mon dollar du Canadien offert en exclusivité chez Métro. Même le sourire promotionnellement rayonnant de Véronique Cloutier ne saurait me détourner de ma démarche.

En espérant recevoir bientôt la confirmation de mon exclusion, je vous prie d’agréer, monsieur Gainey, l’expression de mes sentiments choisis. C’est-à-dire l’urgence, le dégoût, et une pitié, néanmoins bienveillante, à l’égard de ceux et celles qui continuent et continueront sans doute longtemps à vous suivre.

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Décalage

15 mars 2009

Texte présenté au Cabaret des auteurs du dimanche le 15 mars 2008. Thème: « Décalage ».

C’était un beau samedi de septembre à Boucherville. Dans la cuisine de Simone Beaulieu et Richard Paré, au 28 de la rue des Explorateurs, tout était calme. On n’entendait que le lointain vrombissement d’une tondeuse, le martèlement régulier du pilon avec lequel Simone pilait des patates pour le pâté chinois, et les cris de terreur du peuple miniature prisonnier de la thermopompe.

Constance Beaulieu-Paré, 8 ans, préparait un travail scolaire à la table de cuisine. Elle faisait de temps en temps une grimace à Justine, sa petite sœur de 9 mois, installée dans sa chaise haute. Richard surgit soudain dans la cuisine. Il était vêtu de sa salopette spécial bricolage et semblait agité.

« As-tu vu mon tournevis ? », demanda-t-il à Simone.
-Je te l’ai dit, du pâté chinois, répondit celle-ci en brassant le steak haché qui brunissait dans le chaudron.
– J’en ai besoin pour solidifier les tablettes de l’établi, reprit Richard, tripotant sa poche de salopette avec fébrilité.
– S’il en reste, je t’en mettrai dans un tupperware pour ton lunch, promit Simone avec bienveillance.
-Non, j’ai regardé et il n’était pas là, dit Richard.
– Oh, je dirais dans une demie-heure, quarante-cinq minutes répondit Simone.

Bébé Justine profita de l’occasion pour enlever sa suce de sa bouche et déclarer d’un ton sentencieux qu’Hillary Clinton semblait adopter une interprétation assez conservatrice de la convention de Genève, reprenant un thème exploité maint fois en débat oratoire au Centre de la petite enfance « Les Petits Renifleurs de Pelouses Toxiques » . « Maman, le bébé parle », annonça gravement sa sœur Constance en extrayant un popsicle de son oreille. Son travail portait sur « nos amies les asperges », et, de toute évidence, elle avait de la difficulté à se concentrer.

-Chérie, je te l’ai dit, tu es trop petite pour te servir de l’ouvre-boîte électrique, dit Simone en approchant les deux cannes de maïs, celui en crème et celui en grains, de l’engin. Celui-ci, de ses tentacules visqueux, se saisit de sa nourriture de prédilection et commença à dévorer le dessus des cannes dans un affreux bruit de ferraille, projetant des étincelles dans les lunettes de sûreté de Simone.

La petite Justine se mit à pleurer. Richard la prit dans ses bras et commença à faire les cent pas avec elle pour la calmer.

-Penses-tu que Trudel me passerait un tournevis pour l’après-midi?, demanda-t-il à Simone.
– Mais c’est ton tour d’aller à la rencontre parents-professeurs, répondit Simone.
– Ah, j’suis sûr qu’il a oublié la shotte de la ponçeuse pétée, ça fait fait 5 ans, répliqua Richard.
– Parce que j’y ai été les deux dernières fois l’année passée, trancha Simone.

Tenant toujours le bébé dans ses bras, Robert sortit et se dirigea vers chez le voisin. Simone finissait de piler les patates. Constance tournait les pages d’un magazine culinaire pour trouver les plus belles photos d’asperges susceptibles d’illustrer son travail. L’ouvre-boîte éructa avec satisfaction et Simone, retirant ses lunettes de sûreté, plaça les cannes ouvertes près de la lèchefrite et acheva de piler les pommes de terre.

On sonna à la porte. Un homme cravaté tenant par la main un petit garçon aux oreilles décollées se tenait sur le seuil, l’air affable.

-Avez-vous déjà entendu parler de l’amour de Dieu?, demanda-t-il à Simone.
– Du shampoing, du savon, du liquide à verres de contact et des serviettes sanitaires, dit Simone.
– Je vois que vous avez des enfants. Aimeriez-vous que je vous laisse un peu de documentation pour leur parler de Jésus?, reprit l’homme.
– Pourquoi? Le mien fonctionne encore très bien, répondit Simone.

Le petit garçon fixait avec envie les photos d’asperges étalées sur la table devant Constance. Celle-ci finit par s’en apercevoir. D’abord hésitante, elle s’approcha à petits pas et tendit sa plus belle photo d’asperge, agrémentée du sourire de Ricardo, au petit garçon. Celui-ci commença aussitôt à la dévorer avec gratitude. Quant à Simone, celle-ci cherchait comment se débarrasser de l’importun.

-Puis-je vous demander de mettre cette canne de pâte de tomate dans vos poches et de vous approcher de mon ouvre-boîte électrique?, demanda-t-elle, pleine d’espoir.
À ces mots, le témoin de Jéhovah lui fit un large sourire qui tranchait avec le grumeau de contrariété violet qui venait de lui pousser sur la paupière gauche.
– Pas besoin d’être grossière devant mon fils, protesta-t-il doucement, avant de disparaître en bondissant sur son pogo stick.

Richard revint peu de temps après, tenant toujours Justine, qui tenait le tournevis prêté par Trudel. Replaçant la petite dans sa chaise haute, il disparut dans le garage pendant que Constance débarrassait la table et dressait le couvert. Simone avait monté et enfourné le pâté chinois. Elle vida le lave-vaisselle tandis que du garage montait du bruit et des jurons joyeux.

Finalement, la petite famille s’assit autour d’assiettes pleines de belles portions de pâté chinois fumant qui furent attaquées avec appétit.

– Ce soir, tu t’occupes des filles, dit Simone à Richard. Je veux me faire couler un bain et me faire une petite soirée spa. Il faut que j’essaie mon nouveau savon à la boue de Rhassoul.
– Robert Bourassa a ben mal pris ça, déclara Richard, quand ils l’ont accusé de jeter de l’argent par les fenêtres pour sauver les Jeux Olympiques de 1976.
– Ostie de maire Drapeau, déclara bébé Justine en se tartinant le visage de maïs.
– C’est vrai mon bébé, j’ai un peu moffé l’assaisonnement, répondit Simone avec bonne humeur en saupoudrant généreusement son assiette de bicarbonate de soude.

Ce soir-là, tandis que Simone se prélassait dans son bain et que Richard se tapait un bon Pixar en compagnie de sa progéniture, un courageux commando de Minimini éventra la thermopompe avec le tournevis dérobé. La paix et la justice retombèrent sur Boucherville, ainsi que la nuit et quelques nuages de sauterelles.

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Paradigme

13 mars 2009

Texte présenté au Cabaret des auteurs du dimanche le 8 mars 2009. Thème: Paradigme. Concept: échange de correspondance. Comparse: Martin Petit.

Lettre de Lorraine Lorrain à Édouard Lefol

Bonjour,

J’ai bien reçu la première version de votre mémoire de maîtrise en sociologie. Votre directeur de maîtrise, le professeur Flickentrüd, est en congé de maladie. Il m’a donc demandé de superviser vos travaux.

Bien que vous affirmiez avec enthousiasme que votre mémoire serait prêt à déposer « tel quel », je pense qu’un ou deux aspects de votre démarche académique mériterait d’abord des approfondissements. Rien de grave, rassurez-vous.

Ainsi, à la page 72, quand vous affirmez que « les trois quarts des problèmes sociaux du Québec pourraient être réglés facilement par l’élimination du financement des groupes de femmes », il me semblerait plus probant d’étayer cette thèse par des ouvrages supplémentaires. Pour l’instant, votre seule autorité semble être un dépliant de Fathers For Justice. De la même façon, quand vous prônez, à la page 88, la création d’une « Commission nationale pour la reproduction sélective », l’ensemble de vos références remontent à la période 1921-1938. Je voudrais simplement vous sensibiliser à l’accueil plus ou moins favorable réservé aux thèses eugénistes depuis la Deuxième Guerre Mondiale.

En ce qui concerne la forme, je tiens à mentionner que, n’ayant pas fait d’études classiques, je ne lis pas le latin. Je ne saurais donc analyser en profondeur les pages 37 à 54 où vous dites réfuter Cicéron lorsqu’il défend, à tort selon vous, la supériorité de la République sur la tyrannie. Toutefois, mon fils, qui est graphiste, m’a informé que le Lorem Ipsum Dolar Sit Amet qui revient régulièrement dans cette partie de votre mémoire est utilisé dans son domaine aux seules fins de combler des espaces. Sans doute s’agit-il d’un raté de votre logiciel de traitement de texte auquel il vous serait loisible de remédier.

N’hésitez pas à communiquer avec moi pour toute question ou commentaire,

Lorraine Lorrain, chargée de cours
Département de sociologie
Université du Québec en Déficit

Réponse d’Édouard Lefol à Lorraine Lorrain

Madame Lorrain,

Peut-être l’ignoriez vous, avez vous oublier, mais nous fêterons le 8 mars prochain, le 3ème anniversaire de mon expulsion de l’université grâce au sabotage féministe que vous avez savamment orchestré, ou devrait-on dire, sauvagement or-castré.

Comment oublié le perfide plaisir avec lequel vous vous êtes acharnée sur mon mémoire Les hommes et les enfants d’abord.

J’eu beau plaider ma cause au recteur, votre travail de saccage était déjà commencé. On connaît la suite, une femme se doit de faire couler du sang une fois par mois, et ce fut moi qui fut sacrifié pour satisfaire le lobby lesbien.

J’ai su que j’avais à faire avec la crème des succubes quand vous avez sortit votre livre « Marc Lépine n’est pas mort » (pour lequel vous avez pigé sans vergogne dans mon mémoire sans m’en demander permission), culminant avec votre passage à Tout le monde en parle y allant de vos «talibans en skidoo» «impuissants du cortex» et autres « gros macho petit cerveaux » pour faire rigoler ce désolant cercle des fermières pour hommes roses du plateau du plateau Mont-Royal.

Cela fait donc trois bonnes années à rire de moi sur toutes les tribunes sans que je ne puisse répondre. Et quand on m’offre des tribunes pour faire valoir mon point de vue, comme ce fut le cas lorsque Dieudonné m’invita à monter sur scène avec lui, c’est pour ensuite mieux me faire rentrer dedans par Richard Martineau via ses 14 plateformes médiatiques intégrés.

Mais voilà que ces trois années à servir de morceau de viande frais pour les chiennes de garde de la pensée unique à Payette. (Payette l’ex ministre), ces trois années prennent fin aujourd’hui avec cette lettre d’éviction.

J’ai effectivement le plaisir de vous annoncer que je viens de me porter acquéreur de l’immeuble que vous louez présentement et de faire valoir mon droit d’offrir votre logement à un membre de ma famille.

Vous, votre fils, vos chats et votre mépris devez donc avoir quitter les lieux le 1 juillet. D’ici là, puisque les bons comptes font les bons amis, veuillez maintenant faire vos chèques mensuels à l’intention de Édouard Lefol.

Sans rancune.

Réponse de Lorraine Lorrain à Édouard Lefol

Bonjour M. Lefol,

Depuis votre dernière lettre, j’ai appris plusieurs faits que, comme nouvelle chargée de cours, j’ignorais totalement. Notamment, votre expulsion de l’université et les circonstances regrettables entourant le burnout du professeur Flickentrüd.

Ma fille, qui est psychiatre, estime que votre lettre témoigne d’un délire paraphrénique semi-dissociatif reposant sur un trouble narcissique à tendance paranoïaque. Elle pense que de vous confronter dans vos illusions pourrait aggraver sévèrement votre condition.

Toutefois, ma fille, comme le reste de la génération Y, est beaucoup trop pessimiste. Je prendrai donc le risque de vous dire que, bien qu’ayant effectivement publié un livre sur les victimes de Polytechnique, je n’ai jamais plagié le mémoire que vous avez tenté 16 fois de déposer au département (si j’en crois votre dossier) et je ne suis pas à la tête d’une kaballe féministe menée contre vous.

C’est fort probablement la célébration annuelle d’une Journée de la Femme coincidant avec votre expulsion qui vous travaille. De plus, si vous êtes comme moi, vous êdevez être affecté par la décroissance de la lumière matinale imputable au fait que nous avons avancé l’heure. J’aimerais vous mentionner que ça me fait très plaisir que, parmi toutes les émanations de votre cerveau malade, il y ait une vision de moi à Tout le Monde en parle. J’en suis très flattée.

Concernant votre soi-disant « avis d’expulsion », mon propriétaire m’a montré votre offre d’achat, rédigée au crayon de cire sur une napkin sale, et qui semblait avoir été mastiquée. Votre entrée pour le moins brusque par la fenêtre de son salon lui a fait très peur. En passant, la « notaire » devant laquelle il a fait semblant de passer l’acte de vente pour que vous acceptiez de partir était Jade, sa petite-fille de trois ans. D’ailleurs, si vous consultez votre copie, vous verrez que les témoins présents pour la transaction étaient Nounours et Dora l’exploratrice.

J’imagine que vous croyez sincèrement être mon propriétaire, ou qu’il s’agissait d’un subterfuge pour échapper à la misère où vous ont mené vos idées controversées. Quoi qu’il en soit, je joins à la présente un chèque représentant l’équivalent de mon loyer, pour vous prouver ma bonne foi. Faites-en bon usage, et n’oubliez pas de prendre scrupuleusement toute médication qui pourrait vous être prescrite par un professionnel de la santé.

Lorraine Lorrain, chargée de cours
Département de sociologie
Université du Québec en Déficit

P.J. Chèque de 960$

P.S. Sans endosser vos autres idées, je partage votre antipathie pour Richard Martineau.

Lundi 9 mars : Chronique de Richard Martineau

Vous avez vu le gars qui a bloquer le pont Jacques-Cartier, hier matin, le barbu habillé en Wonder Woman avec son immense banderole où il était écrit : Dora l’exploratrice mon cul ?

Vous avez vu la réaction des groupes de femmes ? « C’est un geste pour dénigrer la journée de la femme, ça montre que le combat n’est pas gagné! »

Vous n’êtes pas tannés, vous ? En tout cas, moi j’en ai plein mon casque de me faire traiter de morron chaque fois qu’un cas de psychiatrie bloque le pont.

Pour montrer à quel point ces groupes de pré-frustrées sont dans le champ, le journal a appris qu’aucune plainte ne sera porté contre l’homme costumé, parce qu’il souffrirait d’un épisode de dépression sévère.

Vous êtes pas tannés de ça vous ?

Un dépressif paralyse la ville et va se faire cajoler dans un institut plein d’infirmières et le gars qui ne peut pas payer ses tickets de vitesse va finir à Bordeaux.

Pis paraît que notre Wonder boy est un ancien de l’UQAM qui est devenu mendiant.

Je veux ben croire que ça fait pitié des mendiants, mais comment il a fait pour se payer un costume de Wonder Woman, un lasso jaune pis des bottes de cuir rouge ? D’ailleurs mon collègue, le scab de la page 4, nous apprend qu’il en avait exactement pour 960$ sur le dos.

Moi je me dis que si un sans abri est capable de mettre de côté 960$, il est loin d’être fou !

À bien y penser, un sans le sou qui économise 960 $ c’est mieux qu’Henri Paul Rousseau à la caisse de dépôt qu’on payait des millions pour nous faire perdre des milliards.

Le pire c’est qu’on lui a remis un bonus pour avoir quitté sa job.

La prochaine revendications des groupes de femmes ça va être quoi ? Un bonus pour Monique Jérôme Forget pour la disparition de notre bas de laine ?

Je ne sais pas si c’est juste moi qui a hâte que ça change.

Mais hier c’était la fête de la femme, mais bizarrement, aujourd’hui j’ai comme un gros mal de tête de gars.

Allez sur Canoë pour entendre la chronique de Richard Martineau lue par Marie-Mai en direct de ma maison Rona.

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